My Mister
8.3
My Mister

Drama tvN (2018)

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- Veuillez m'excuser par avance pour les fautes d'orthographes. -

J’ai commencé, pour la première fois, une série coréenne que je pensais mielleuse. Jusqu’ici, j’avais surtout regardé des œuvres coréennes orientées thriller, action et investigation policière, comme Beyond Evil — que je recommande vivement, notamment pour son protagoniste principal imprévisible et chaotique. Je pensais donc que ce type de série serait très éloigné de mon quotidien d’animé japonais, dont j’ai récemment décidé de faire une pause.

Ma première expérience dans ce registre fut My Mister.

Mon ressenti ? Une lente délicatesse, traversée par une tristesse constante, qui peut clairement en rebuter plus d’un. My Mister est une série coréenne qui se savoure comme un whisky bien vieilli : on peut apprécier la subtilité de ses arômes et de son histoire, tout comme on peut ne pas aimer cette lente dégustation.

Étant ma première série coréenne hors action et suspense — et, pour ma part, mon véritable crash test dans le monde du k-drama mielleux, souvent perçu comme davantage destiné à un public féminin — j’y suis allé avec beaucoup d’a priori. On imagine facilement des mères de famille coréennes fantasmant sur des acteurs aussi beaux gosses que dans mes rêves les plus fous. Pourtant, j’ai saisi cette occasion pour découvrir une histoire aux thématiques très différentes de l’action : celle d’un homme menant une vie presque “vieillissante”, empreinte de sagesse, et de la relation profonde qu’il entretient avec une personne qui lui a, d’une certaine manière, sauvé la vie.

À la base, je suis un grand consommateur d’animés de romance, avec une forte dose de drame et de mélancolie. Clannad, que je considère comme un chef-d’œuvre, en est l’exemple parfait : une œuvre qui vous tire au plus profond de l’âme, sur cette corde sensible qui vous arrache jusqu’à la dernière goutte de vos réserves de larmes.

Quelle ne fut donc pas ma surprise en terminant My Mister.

Ces moments chaleureux, la joie de vivre partagée entre les amis de Park Dong-Hoon, ses frères unis par la force de leurs liens et de leur misère commune… tout cela fait face à des événements néfastes, cruels et pénibles. Park Dong-Hoon affronte ces épreuves avec une sagesse sincère, mais toujours dans les limites de ce qu’un homme peut réellement supporter.

Je vais maintenant aborder la force des liens entre ces personnages, le rôle central de Lee Ji-an, et mon ressenti personnel.


La fratrie Houn



Les frères de Park Dong-Hoon donnent l’impression de ne former qu’une seule et même entité, presque comme des frères siamois, chacun incarnant une facette émotionnelle distincte : Ki-hoon s’emporte et se met en colère pour Park Dong-Hoon, tandis que Sang-hoon pleure pour lui. Malgré leur chaos émotionnel interne, parfois excessif et désordonné et leur mauvaise "réussite" de leur carrière professionnelle, ils sont profondément liés par une communion sincère de sentiments. Cette union rend des scènes pourtant banales dans des contextes plus stéréotypés étonnamment touchantes.

Même si la série ne s’attarde que brièvement sur le passé de ces deux frères, et sur celui des anciens amis de Park Dong-Hoon — tous issus du même quartier, se retrouvant presque chaque soir, que ce soit autour d’un verre ou dans leur club de football amateur — on comprend rapidement que le propos va bien au-delà d’une famille ordinaire. Plus que de simples frères ou amis, ils forment un refuge collectif.

Ces amis d’enfance transforment l’amitié en quelque chose de presque irréel tant elle paraît authentique. Leur fraternité sonne juste, profondément humaine. À chaque épreuve majeure traversée par Park Dong-Hoon, cette grande fratrie s’anime, comme si tout un quartier, marqué par la misère et les désillusions, espérait le voir s’extraire de sa prison intérieure. À travers lui, ils projettent une lueur d’espoir : celle d’un avenir possible, d’une reconnaissance méritée, d’un exemple familial, presque d’un modèle.

Dans des situations délicate lorsque Park Dong-Houn a un problème, chacun se lève comme une meute en danger : Il ne s’agit pas d’une solidarité démonstrative ou salvatrice.

Personne ne vient réellement “sauver” l’autre.

Ils se contentent de tenir ensemble. A vrai dire, c'est assez compliqué de décrire une telle solidarité. C’est précisément ce qui rend cette appartenance à la fois douloureuse et magnifique : elle ne guérit pas tout, n’efface ni les regrets ni les échecs, mais elle empêche l’effondrement.


Ji-an



Ce qui frappe d’abord chez Ji-an, malgré tout ce qu’elle a traversé, c’est sa retenue absolue. Elle n’est jamais écrite pour susciter une pitié facile. Elle ne réclame rien, n’attend rien, et avance en mode survie, presque mécanique, comme quelqu’un qui a compris très tôt que le monde ne faisait aucun cadeau. Son passé est triste et douloureux, mais il ne la définit pas entièrement ; il explique sa posture, sans jamais l’enfermer dans le rôle de victime. Ce qui la définit réellement, c’est une lucidité presque brutale, tournée à la fois vers les autres et vers elle-même. Ji-an ne s’accroche à aucune illusion, ne romantise ni les relations humaines ni la bonté. Et pourtant, paradoxalement, elle conserve une capacité intacte à reconnaître la gentillesse authentique, même lorsqu’elle ne sait pas encore comment l’accepter ni y répondre. C’est précisément cette tension intérieure qui la rend si marquante.

Ji-an n’apprend pas à aimer le monde ; elle apprend quelque chose de plus fondamental : que la bienveillance peut exister sans contrepartie, sans dette à rembourser, et surtout sans représenter un danger. À ce titre, elle peut rappeler Violet Evergarden, non par son parcours, mais par cette lente redécouverte de la valeur humaine — à une différence près : là où Violet cherche à comprendre les émotions, Ji-an les comprend déjà trop bien, mais n’a jamais appris à s’y autoriser.

Sa relation avec Park Dong-Hoon est profondément asymétrique, et c’est précisément ce qui la rend juste. Il ne s’agit pas d’une romance réprimée ni d’un jeu ambigu. Ji-an éprouve un amour réel, silencieux, presque instinctif. Lui, en revanche, ne répond jamais par le désir, mais il ne la repousse pas non plus. Il établit une limite claire, non par indifférence, mais par respect. Il peut y avoir l’impression d’une étincelle entre eux, non pas au sens romantique, mais comme une reconnaissance mutuelle : celle de deux êtres qui se voient sans masque. Park Dong-Hoon n’est pas un homme complexe jouant avec les sentiments de Ji-an. Il lui offre quelque chose d’aussi puissant que l’amour, sans jamais le nommer ni le réclamer : il lui rend sa valeur humaine, sans condition, sans attente.

Ji-an l’aime parce qu’elle reconnaît en lui une bonté qui ne demande rien, une solidité morale silencieuse, et une forme d’amour du monde qu’elle croyait inexistante, un amour qu’elle n’a jamais connu dans son passé. À travers lui, elle découvre qu’il est possible de rester droit sans écraser les autres, et que cette droiture peut, à elle seule, devenir un refuge.


En conclusion, j’ai vraiment eu l’impression de regarder un scénario digne d’un animé, mais ici, tout était profondément humain, chaque sentiment, chaque émotion résonnait avec une authenticité rare. On y retrouve certes des codes et stéréotypes : la fille réservée qui exprime progressivement ses sentiments envers Park Dong-Hoon, la fratrie et les amis d’enfance unis malgré tout, la relation binaire avec sa femme, ou encore les machinations entre dirigeants qui cherchent à le faire tomber et ceux qui le soutiennent.

Mais c’est précisément là que réside la grandeur de la série. My Mister, par son titre même, “Mes Messieurs”, nous invite à observer ces hommes ordinaires avec empathie et tendresse, et à reconnaître en eux une humanité silencieuse. Chaque lien, chaque geste, chaque regard nous touche profondément. Les scènes les plus simples peuvent arracher des larmes, car elles sont véritables, pas artificielles ; et moi, j’ai pleuré à plusieurs reprises, emporté par cette lente intensité émotionnelle. Si Park Dong-Hoon incarne une dignité qui tient bon malgré l’usure du monde, Ji-an, elle, représente une dignité qui survit malgré l’abandon. Ensemble, ils montrent que la véritable humanité ne se mesure pas aux exploits ou à la perfection, mais à la capacité de tenir, ressentir et se soutenir mutuellement, même quand la vie semble implacable. Et c’est ce mélange subtil de tendresse, de douleur et d’espoir qui fait que My Mister laisse une trace inoubliable, bien après le générique final.

Sokayami
9
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Créée

le 26 janv. 2026

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