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le 11 juil. 2026
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J’ai commencé The Shapes of Love un peu par hasard, intriguée par le trailer… et, il faut bien le dire, par un acteur. Puis je vois le tatouage en forme de papillon, le contexte artistique… et là, je tilte : ce ne serait pas un remake de Nevertheless, par hasard ? Eh bien si. Et j’ai failli arrêter net, tant le souvenir du drama original était, disons… mitigé.
Les amateurs de la version coréenne, qui est plus passionnelle et plus trouble, resteront peut-être sur leur faim. Pour ma part, j’ai été touchée par cette approche plus apaisée et plus cohérente, où l’émotion naît moins du vertige que de la justesse.
Et pourtant, j’ai beaucoup aimé cette version japonaise. L’histoire reste fondamentalement la même, mais elle est racontée avec plus de précision, de cohérence et de finesse. Cette fois, les personnages ne sont pas survolés : on comprend leurs choix, leurs doutes, leurs failles. Chacun suit un véritable parcours, et on les accompagne avec un plaisir inattendu.
Ce que cette adaptation réussit particulièrement bien, c’est de corriger l’un des principaux défauts de la version coréenne. Dès le début, on comprend que Ren connaît Miu. Son regard, à la fois tendre et respectueux, annonce une relation plus complexe. Il la provoque parfois, mais sans jamais être toxique. Ce n’est pas seulement du désir : il y a aussi de l’estime, de l’attention. Il ne joue ni avec elle ni avec l’autre jeune femme, avec qui la relation est différente mais tout aussi sincère. Ren est libre, honnête, et c’est cette justesse qui donne au récit toute sa profondeur.
Et cela vaut aussi pour les deux autres couples. Le traitement est soigné, les relations ne sont jamais bâclées. Leurs parcours, liés à leur art mais aussi à leurs blessures, sont bien posés. Chacun porte ses attentes et ses contradictions.
Les trois couples sont confrontés à des choix qui viennent bousculer leurs certitudes. Qu’attendons-nous finalement d’une relation ? Accepter le point de vue de l’autre devient alors un véritable signe de maturité, qui mène à une forme de liberté. Ici, personne ne se réfugie dans une relation tiède, confortable mais creuse : ils prennent le risque d’aimer, vraiment. Et ce risque les rend plus dignes.
La narration est elle aussi mieux construite. L’histoire avance avec fluidité, portée par des épisodes bien découpés, comme de petits chapitres chargés d’émotion. Les personnages choisissent de suivre leur cœur, d’assumer leurs sentiments avec sincérité et dignité.
Et Ren ? Sa manière de ne pas nommer sa relation avec Miu, perçue comme un jeu malsain dans la version coréenne, prend ici un tout autre sens. On comprend ses hésitations, ses blessures, ses blocages. Ryusei Yokohama exprime tout cela avec une intensité contenue, bouleversante. Il est sublime, oui, mais surtout profondément juste. Le reste du casting livre également des performances pleines de sincérité et d’émotion.
Il est logique que la fin reste ouverte : officialiser une relation ne la rend pas forcément plus durable. La série assume cette idée avec élégance et maturité.
Ajoutons à cela une lumière douce, des cadrages délicats et une direction d’acteurs impeccable.
Je fais sans doute partie de la minorité qui a préféré cette version à l’originale. Mais je l’assume : pour moi, ce fut une très belle surprise.
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Créée
le 2 mars 2025
Critique lue 234 fois
7
le 11 juil. 2026
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