C’est Bai Jingting qui m’a guidée vers cette série. Sans regret.
New Life Begins n’est pas une fresque historique portée par des intrigues intenses ou des luttes de pouvoir haletantes. Le rythme est souvent posé, parfois même au point de perdre en tension. C’est une série qui se regarde tranquillement, par petites touches, davantage comme une chronique que comme un récit à suspense.
Les dix premiers épisodes m’ont embarquée, puis j’ai ressenti une baisse de régime. Ce n’est clairement pas une série à regarder en continu : mieux vaut avancer épisode par épisode, sous peine de décrocher. Mais son intérêt se situe ailleurs.
Dans cet univers pourtant très codifié, la place des femmes est centrale. Loin des rivalités habituelles du harem ou des intrigues de palais, la série met en avant la sororité, ou plutôt la capacité de ces femmes, venues aux sélections pour devenir les épouses des princes, à s’entraider et à avancer ensemble. Leur complicité, souvent joyeuse et pétillante, apporte une vraie fraîcheur au récit. Chacune possède sa personnalité, ses forces et ses fragilités : aucune n’est présentée comme supérieure aux autres. Elles sont différentes, mais complémentaires, et c’est précisément cette diversité qui fait leur richesse. Et c’est franchement agréable à voir.
À travers les sélections, l’apprentissage des règles et l’adaptation à leur rôle, le drama montre aussi le poids des conventions et des hiérarchies. L’organisation de la famille impériale apparaît clairement : chaque prince évolue selon son rang de naissance et les attentes qui en découlent. Dans ce cadre, le parcours du sixième prince, Yin Zheng, marqué par un passé difficile et par un sens aigu de l’équité, apporte une dimension plus humaine et morale à l’histoire.
Les romances restent simples et sincères, à l’image de l’ensemble.
Le duo principal fonctionne avec beaucoup de naturel. Bai Jingting compose un sixième prince tout en retenue, guidé par son sens de la justice et une certaine réserve. Face à lui, Tian Xiwei apporte fraîcheur et spontanéité. Son personnage, simple, chaleureux et souvent animé par son amour assumé pour la bonne cuisine, apporte une touche de légèreté et d’humanité qui équilibre parfaitement la sobriété du prince. Leur relation évolue sans excès, dans une complicité sincère et apaisée, à l’image du ton de la série.
C’était mon premier drama historique chinois, et j’ai eu du mal avec les costumes masculins, très codifiés, qui uniformisent les silhouettes et laissent peu de place à l’expression individuelle des acteurs. Habituée à voir Bai Jingting dans des rôles contemporains où son naturel s’exprime pleinement, je l’ai trouvé ici moins mis en valeur par ce cadre très contraint.
Malgré quelques longueurs, l’univers finit par créer un véritable attachement. Plus qu’une série à suivre pour ses rebondissements, New Life Begins est une chronique douce et chaleureuse, portée par l’énergie collective de ses personnages féminins et par une vision apaisée des relations humaines.