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Nu, avec un L
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NU, la série française d’OCS sortie en 2018, partait avec une idée osée et intrigante : imaginer un futur où tout le monde est contraint de vivre nu pour éradiquer le crime et favoriser la transparence totale. Une société où les secrets sont aussi rares qu’un vêtement, et où la vérité est supposée être à découvert, tout comme les personnages. Sur le papier, l’idée pouvait se prêter à une satire sociale mordante, voire à une réflexion philosophique sur la transparence et la vie privée. En pratique, on se retrouve surtout face à une série qui peine à trouver un équilibre entre comédie et critique sociale, et qui se déshabille un peu trop vite sans avoir vraiment de quoi se couvrir sur le plan narratif.
L’intrigue suit le policier Franck Fish, qui se réveille après plusieurs années de coma dans cette société où plus personne ne porte de vêtements. Le choc culturel est intéressant au départ, mais le potentiel comique s’essouffle aussi vite que le scénario avance. Les situations censées faire rire ou réfléchir tombent souvent à plat, se répétant sans vraiment offrir de nouvelle perspective. Les tentatives de comédie se résument en grande partie à exploiter l’inconfort des personnages face à leur nudité, ce qui devient rapidement redondant. Une fois la surprise passée, il manque cruellement de matière pour maintenir l’intérêt.
Les personnages eux-mêmes, malgré des tentatives d’humour et de profondeur, semblent eux aussi souffrir d’un manque de substance. Franck, notre héros, passe plus de temps à être déconcerté par ce monde étrange qu’à faire avancer l’intrigue ou à offrir une réflexion engageante. Les autres personnages, souvent stéréotypés, se contentent de remplir leur rôle sans apporter de véritable relief au récit. C’est comme si la série avait misé uniquement sur son concept de départ, sans se préoccuper de construire des protagonistes attachants ou des relations convaincantes.
Visuellement, NU adopte un style minimaliste qui aurait pu renforcer le sentiment de malaise ou d’étrangeté, mais qui au final ne fait qu’accentuer le côté plat et peu inspiré de la mise en scène. Les décors sont froids, impersonnels, et ne contribuent pas vraiment à donner vie à ce monde futuriste. Ce choix esthétique aurait pu fonctionner avec un scénario plus étoffé, mais ici, il donne surtout l’impression d’un manque de moyens ou d’ambition.
Le message que la série tente de faire passer – la critique d’une société de surveillance où l’intimité est sacrifiée au nom de la sécurité – aurait pu être puissant. Malheureusement, NU reste en surface, se contentant d’enfoncer des portes ouvertes sans offrir de véritable analyse ni de moments de tension. Au lieu de nous plonger dans une réflexion sur la transparence et la liberté, on reste au niveau d’une farce un peu maladroite où le concept de nudité devient rapidement plus une gimmick qu’un outil narratif.
En résumé, NU est une série qui a voulu se déshabiller pour révéler les failles de la société, mais qui finit par exposer surtout ses propres faiblesses. Ce qui aurait pu être une satire audacieuse se révèle être un récit peu inspiré et répétitif. Pour ceux qui espèrent une réflexion profonde ou une comédie percutante, le manque d’habillage scénaristique laissera sans doute de marbre.
Créée
le 12 nov. 2024
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