Version américaine (2000) du procès des criminels de guerre allemands. Nuremberg symbolisait la ville et le fief des congrès du parti nazi. Il s’agissait du premier tribunal international des crimes de guerre. Nuremberg totalement détruite à l’exception des bâtiments épargnés qui serviront de salle d’audience, prisons des dignitaires nazis, cafétérias et le château de Faber-Castell. Toute l’histoire de ce drame judiciaire destiné à la condamnation du National Socialisme, s’écrira dans ce château. Churchill recherchait un verdict rapide sans acquittement, Staline pour qui aucune vie ne comptait sauf la sienne voulait un procès spectaculaire sans possibilité de défense pour les accusés tandis que Roosevelt voulait un procès équitable selon les principes démocratiques. Ajoutons un contexte de début de guerre froide, la nouveauté des attendus de l’accusation (complot, crimes de guerre, crimes contre la paix, crimes contre l’humanité), l’antisémitisme avéré des soviétiques, la lutte intestine entre l’instinct de conservation des jugements moraux et la fidélité aux régimes politiques démocratie à l’Occident ou communisme pur et dur versus soviétique. La période août 1945 / novembre 1945 permit aux représentants des nations alliées désignées de s’installer et notamment Robert Jackson ( Alex Baldwin) (1892- 1954 / 62 ans) avec sa secrétaire Elsie, côté démocrate dont la prestation accusatrice face à Hermann Göring (1893 -1946 / 53 ans) fin roublard, droit dans ses bottes, et manipulateur jusqu’au bout , fut loin d’être à la hauteur lors de ses premières interventions, Thomas J Dodd son second (1907 – 1971 / 64 ans) ou Soviétique comme le Général Zoria mort accidentellement ou éliminé comme savent le faire les russes. Mais pouvait-il en être autrement alors qu’il fallait faire accepter l’inacceptable. 20 Novembre 1945, début de la séance du tribunal. L’ horreur des camps de concentration présentée lors de la projection d’un film le 29 Novembre 1945 provoqua un choc émotionnel et psychique au sein de l’assistance.Quelques oublis mageurs comme L’audition de Rudolph Hoss ( 1901 – 1946 / 45 ans) déclarant l’élimination de 2,5 millions de juifs d’Europe dont un million au camp d’Auschwitz ou celle de Julius Streicher (1885 – 1946 / 61 ans) éditeur antisémite paranoïaque. Au départ 21 dignitaires nazis jugés, un 22 ème s’était suicidé juste avant le procès. Un an de procédure jusqu’ au 1er octobre 1946 date du jugement 11 condamnés à mort par pendaison, 7 condamnations d’emprisonnement et 3 acquittés (Franz Von Papen (1879 -1969 / 90 ans) ancien chancelier, Hjalmar Schacht (1877 – 1970 / 93 ans) ancien Ministre de l’économie, Hans Fritzsche (1900 -1953 / 53 ans) responsable de la propagande allemande). Entre accusations et défense de ces criminels, la rectitude des généraux allemands face à leurs crimes, on imagine l’atmosphère pesante de ce procès hors-normes. La plaidoirie, sans en retirer un seul mot, de Robert Jackson sur le portrait d’Hitler, pourrait s’appliquer à Poutine qui n’a rien retenu des horreurs à ne pas commettre . Finalement, un film plus qu’authentique sur la justice face à la folie humaine. Mention spéciale à Bian Cox dans le personnage d’Hermann Göring.