En revoyant Obi-Wan Kenobi, je me rends compte à quel point cette série est remplie de défauts. À sa sortie, j’avais déjà un sentiment mitigé, mais avec le recul, certaines faiblesses sautent encore plus aux yeux. C’est d’autant plus frustrant que la série partait avec un potentiel énorme : raconter une période de la vie de Obi-Wan Kenobi encore peu explorée à l’écran, tout en ramenant Ewan McGregor dans un rôle devenu iconique.
Pour commencer par les points positifs, histoire de ne pas être trop brutal, la relation entre Obi-Wan et la jeune Leia Organa est une bonne idée. Même si elle reste finalement assez sous-exploitée, l’alchimie entre les deux fonctionne plutôt bien et apporte quelques moments sincèrement touchants. Ewan McGregor, de son côté, est toujours aussi convaincant dans le rôle : il incarne un Obi-Wan brisé, marqué par ses échecs, et parvient à transmettre une vraie émotion. Les moments de confrontation avec Darth Vader sont également parmi les plus travaillés de la série. Ce sont clairement les scènes où l’on ressent le plus d’intensité, autant sur le plan dramatique que visuel.
Malheureusement, ces qualités ne suffisent pas à sauver l’ensemble. Le principal problème de la série reste son manque de crédibilité. À aucun moment l’histoire ne paraît vraiment solide. Le kidnapping de Leia, par exemple, semble difficile à prendre au sérieux, tout comme les nombreuses fuites d’Obi-Wan tout au long de la série, qui donnent parfois l’impression d’un scénario construit uniquement pour faire avancer l’intrigue sans réelle logique. Les choix de personnages posent également problème. Le personnage de Reva Sevander, par exemple, devient rapidement un poids pour la série. Sur le papier, l’idée pouvait être intéressante, mais dans les faits le personnage ne paraît presque jamais crédible. L’actrice essaie clairement de faire de son mieux, mais la direction d’acteurs donne parfois une impression d’amateurisme qui empêche le personnage de réellement fonctionner.
La réalisation n’aide pas non plus à améliorer l’ensemble. Les effets spéciaux sont parfois étonnamment faibles pour une production issue de l’univers Star Wars, et certains décors donnent une impression de pauvreté qui casse l’immersion. Les costumes des Inquisiteurs participent aussi à ce problème : avec leurs maquillages et leurs tenues parfois peu convaincantes, on a presque l’impression de voir des humains déguisés plutôt que de véritables personnages de l’univers. Même sans être particulièrement strict sur la cohérence de l’univers, il y a des limites à ce que l’on peut accepter avant que cela ne devienne distrayant.
Au final, ce qui rend la série particulièrement frustrante, c’est le potentiel qu’elle avait. Avec un personnage aussi emblématique qu’Obi-Wan, le retour d’Ewan McGregor et la possibilité d’explorer davantage sa relation avec Dark Vador, il y avait largement de quoi créer quelque chose de grandiose et de profondément marquant. À la place, la série donne l’impression d’un projet assez fade, qui mise par moments sur un peu de fan service pour satisfaire les fans sans jamais vraiment aller au bout de ses ambitions. Au final, regarder Obi-Wan Kenobi ressemble un peu à manger dans un fast-food : ce n’est ni particulièrement bon ni vraiment mauvais, mais ce n’est clairement pas une expérience qui donne envie d’y retourner.