One Spring Night
7.1
One Spring Night

Drama MBC (2019)

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On aborde des sujets intéressants (sociétal et relationnel notamment), l'histoire est plutôt prenante... mais il y a beaucoup trop de coquilles dans le scénario et surtout dans l'interprétation générale pour que je mette plus. Et on va arrêter les superlatifs: c'est correct, sans plus. Cérébral ne veut pas dire monochrome. Et non, le récit n'est pas lent, il a même un rythme correct; c'est son contenu et la façon de l'exposer qui ruinent en grande partie les messages délivrés. Dans One Spring Night, on n’est pas toujours dans le réel, et je suis souvent resté stoïque durant les 16 interminables épisodes, dont les histoires annexes m'ont davantage séduit. Autre chose, et contrairement à ce que j'ai pu lire: le début est très mauvais. Ça s'améliore vers le quatrième épisode, genre on veut vous dégoûter ou, au contraire, vous pousser à suivre. Bref, il y avait de la place pour faire mieux, mais notre tandem An Pan-seok / Kim Eun, qui m'avait plus convaincu dans Something in the Rain, m'a souvent laissé de marbre. L'ennui a prédominé, et ça sent le réchauffé. An Pan-seok est un très bon réalisateur, mais il ne prend pas beaucoup de risques, sauf avec The Art of Negotiation, où il a su changer totalement de registre.


Yu Ji-Ho(Jung Hae-In) est un pharmacien, père célibataire d'un enfant de 5 ans dont la mère les a abandonnés rapidement. Soutenu par ses parents, il vit mal ce statut et à du mal à trouver une femme, qui soit à la fois bonne pour lui, mais aussi pour son fils. Lee Jeong-In(Han Ji-Min) est issue du milieu de la petite bourgeoisie et compose une fratrie de trois sœurs dont elle est la cadette. Bibliothécaire, elle est fiancée à Kwon Gi-Seok(Kim Joon-Han), un banquier qui a tout, mais leur couple bat de l'aile. Le père de Jeong-In travaille pour le père de Gi-Seok. Et comme le monde est petit, Ji-Ho et Gi-Seok se connaissent depuis la fac. Un jour, Jeong-In rentre dans la pharmacie de Ji-Ho pour acheter un remède contre la gueule de bois. Un regard suffit et Ji-Ho cherche immédiatement à la revoir. Rapidement le constat s'impose, on est pas dans la " friendzone " : L'attirance est immédiate et réciproque. A partir de là, les problèmes ne font que commencer, entre préjugés et codes sociétaux à respecter.


Dès le début, difficile de ne pas penser à la filiation avec Something in the Rain, sorti un an plus tôt. Car en dehors du tandem aux manettes, on retrouve pas mal de comédiens qui avaient déjà officié, Jung Hae-In en tête. Durant les premières interactions entre Lee Jeong-in et Yoo Ji-ho, les regards durent un peu trop longtemps pour être anodins, les prétextes pour se revoir sont évidents. L’attirance est immédiate mais jamais verbalement assumée. Le drama joue volontairement sur ce décalage: les personnages parlent de prudence, de distance et de respect, mais la réalisation raconte déjà autre chose. Si cette attirance est perceptible très tôt, le problème réside dans le fait que le récit ralentit constamment son expression. Pour une histoire censée mettre en scène des adultes de plus de trente ans, cette retenue finit par paraître totalement artificielle. La critique que je lis le plus souvent est que le drama est "trop lent". C'est faux. Ce n'est pas lent: le rythme est posé et adapté. Malheureusement, c'est le contenu qui manque de consistance verbale; trop de dialogues sonnent creux et en deviennent soporifiques. Mais le pire, c'est que les protagonistes parlent lentement, beaucoup trop lentement. Personne ne s'exprime ainsi dans la vraie vie. Dès lors, pour ressentir des émotions sincères, on repassera. Cela manque cruellement de spontanéité et de profondeur ; on sent souvent un texte récité que les acteurs ne s'approprient pas. Sérieux ne veut dire pas dire chiant.


C'est surtout trop lourd. On étouffe la plupart du temps parce qu'on est plongé dans un univers où quasiment tout le monde a un problème. Le couple souffre, les familles souffrent, et même certains collègues s'y mettent. Pratiquement chaque personnage est défini par un conflit. C'est trop, beaucoup trop, au point où l'on frôle le pathos facile. Le drama propose une vision trop homogène de la détresse, et ce ne sont pas les parents de Ji-ho ou la mère de Jeong-in qui arrivent à faire contrepoids pendant 14 épisodes. Si la société réelle est diverse, le drama tend à l'uniformiser. Le réalisateur dépeint un cadre qui représente un archétype de la structure familiale coréenne rigide, arque-boutée sur ses traditions et ses valeurs rétrogrades. Soit, pas de problème. Mais la répétition des mêmes motifs (autorité parentale, pression sociale, réputation et jugement) laisse penser au spectateur qu'on est encore figé dans la Corée des années 80 ou 90. Le drama a été tourné en 2018, mais en le regardant en 2026, j'ai l'impression d'avoir une vision anachronique de la société. Non pas que je nie l'existence de ces réalités, mais le récit en fait une généralité alors que la situation est beaucoup plus complexe que cela. Pour couronner le tout, la bande-son de Rachael Yamagata, utilisée en boucle à chaque épisode, produit rapidement un effet de saturation acoustique qui a le don de m'énerver.


Les à-côtés sont pourtant intéressants, notamment les problèmes de violence conjugale subis par la sœur aînée, mais ils sont balayés d'un revers de main de manière presque désinvolte. Les acteurs ne sont pas en cause, ils font le job. En revanche, j'en ai marre de toujours voir Jung Hae-In dans le rôle du premier de la classe, gendre idéal et tête de cocker : Something in the Rain, One Spring Night, A Piece of Your Mind, Love Next Door, Our Sticky Love... Je dis stop ! Son meilleur rôle reste pour l'instant, et de loin, celui d'Ahn Jun-ho dans le drama D.P. De son côté, Han Ji-Min est impeccable, mais c'est mon cœur qui parle plus que ma raison. Les acteurs secondaires, eux, sont trop en retrait et ont peu d'impact. C'est vraiment dommage, d'autant qu'ils sont peu nombreux. Pourquoi ne pas avoir développé davantage les histoires des frangines, ou exploité le ressort émotionnel du gosse, alors qu'il est quand même au centre de tout le débat ? Sur l'ensemble, la vision reste cohérente, juste, et heureusement, cela s'améliore fortement vers la fin. Mais le constat est sans appel : c'est beaucoup, beaucoup trop long. On parle souvent pour ne rien dire et des scènes de plusieurs minutes ne servent strictement à rien. Structure de drama à l'ancienne oblige, cela ne semble pas évident de remplir le cahier des charges des 16 épisodes ; il y en a facilement quatre de trop. Ajoutez à cela un excès de plans fixes utilisés dans des décors monotones, et l'on se rend compte que l'on tourne souvent en boucle.


La fin est interminable mais ce que je retiens le plus, c'est un manque d'originalité flagrant alors qu'il y avait tellement mieux à proposer. Il fallait insufler des moments de légèreté pour nous permettre de souffler. Qui dit drame romantique, surtout venant de Corée, ne dit pas drame à l'occidental faussement cérébral, où on est sans cesse dans un monde sclérosé. Durant toute la durée du drama, tout le monde fait la gueule ou presque. Il n’y a rien de véritablement surprenant ni de suffisamment incarné pour créer une réelle implication émotionnelle envers ce couple. On reste dans un récit très linéaire, presque trop maîtrisé, mais qui finit par manquer de relief. Il aurait été judicieux d'exploiter d'autres pistes avec le personnage excentrique et parfois déjanté de la benjamine, ou bien rendre le rôle de Gi-Seok plus impactant que ce faire-valoir pathétique. À force de vouloir épurer les émotions et les comportements, le récit finit par perdre ce qui fait la force d’une histoire humaine : le désordre, les contradictions et les respirations. Une belle histoire certes, mais qui ne m’a pas vraiment emballé plus que ça.


Main Theme: Rachael Yamagata - No Direction

Additionnel OST: Oscar Dunbar- Spring Rain

Créée

le 3 juin 2026

Critique lue 40 fois

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6

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