La série Orgueil et Préjugés est sans doute l'une des meilleures adaptations de l'œuvre de Jane Austen. On se sent presque chanceux de pouvoir passer près de cinq heures en compagnie de la famille Bennet, de Mr Darcy et surtout d'assister aux célèbres joutes verbales entre les deux protagonistes.
La mini-série prend le temps de laisser respirer son histoire. Les sentiments ne sont jamais précipités : chaque rencontre entre Elizabeth et Darcy fait évoluer progressivement le regard qu'ils portent l'un sur l'autre.
Andrew Davies livre une adaptation d'une grande fidélité au roman. Les bals, la pression du mariage, les conventions sociales et surtout l'ironie mordante de Jane Austen sont parfaitement retranscrits. La série donne également une dimension visuelle à cet univers, entre paysages anglais, demeures majestueuses et atmosphère des bals.
Son esthétique très classique peut sembler moins audacieuse que celle de Joe Wright en 2005, mais ce choix correspond parfaitement à son ambition : rester au plus près de l'esprit du roman.
La grande force de la série reste son duo principal. Colin Firth compose un Darcy élégant et réservé, dont la fierté cache progressivement une profonde humanité. Face à lui, Jennifer Ehle incarne une Elizabeth Bennet lumineuse, vive et spirituelle.
Des années après sa diffusion, la mini-série demeure une référence non pas parce qu'elle réinvente Jane Austen, mais parce qu'elle lui fait confiance. Elle rappelle que la modernité de son écriture réside déjà dans son œuvre.