Ô Korea Boo oublie ce drama si tu cherches le Oppa dandy sous vide de tes rêves !
Affreux, sale et méchants. Ajoutons bêtes et cupides..
Plus que du blues, c'est du désespoir qu'on nous sert là. Bien épais. On racle là les bas-fonds de l'humanité, la frustration, la pauvreté, l'indigence intellectuelle et émotionnelle, le manque d'empathie élémentaire, l'égoïsme. Ca communique à grands renforts de "Ssssssssssshhhhhhhhhhh", ça se traite de connards tous les trois mots (je pensais que seuls les américains avaient acheté les droits d'utiliser le concept), ça se mord les oreilles ou ça s'arrache les cheveux. Affreux, sales et méchants.
Ca s'humilie à grands coups de jugements à l'emporte pièces. Nul ne doit faire un rien différemment de tous les autres sous peine de se voir couvert de l'opprobre collective.
Les femmes ne sont pas en reste, nous avons en magasin une hystérique dépressive, une écervelée égoïste, une poissonnière bourrin, une manipulatrice, des pêcheuses grossières et dures.
On regarde effaré ce panier de crabes surexcités.
L'intrusion dans la vie d'autrui est la norme. Intrusion et jugement. Mais on s'attache à cette humanité rustre. On comprend leurs comportements issus de la misère, on suit les déboires de tous ces personnages qui s'imbriquent, se superposent, se croisent. On suit toutes les tranches de vie de cette communauté entre déboires et coups du sorts ou tentatives de trouver un bonheur qui court plus vite que leurs coeurs.
Je trouve regrettable d'avoir pris l'option misérabiliste dans la narration. Dépeindre tous ces personnages avec tant d'outrance n'est pas très crédible. On ne voit ici une humanité défavorisée qu'uniquement à travers le filtre ce qu'elle a de pire. Pauvreté ne rime pas avec méchanceté, harcèlement, cupidité, veulerie, avilissement, humiliation, etc...
La seule histoire crédible du scénario c'est la relation d'une mère, ou plus exactement d'une non-mère, avec son fils volcanique. Fils qu'elle a obligé, après son remariage, à l'appeler "tante". C'est tendre et maternel... le gamin avait 10 ou 12. Les deux beaux fils tabassent le sien à qui mieux mieux à la moindre occasion sans qu'elle ne bronche. 25 ans plus tard alors que cette non-mère est au seuil de la mort, il aura l'explication de ce comportement. Après 25 d'un silence destructeur, face aux questions de ce fils explosif, elle répond enfin que c'est parce qu'elle est folle. Qu'elle pensait que faire 3 repas par jour et vivre "en famille" valait bien d'avaler toutes les couleuvres et garantissait un avenir radieux. Sauf que c'est faux. La seule personne qu'elle a mise à l'abri en acceptant d'épouser un homme avec deux enfants, c'est elle. Illettrée, enfance épouvantable et pêcheuse, à contre-coeur, d'ormeaux et de conques, elle n'a plus eu à travailler. Le prix du sacrifice ? sa fille ainsi que son fils sans l'ombre d'une hésitation. Alors oui elle est folle. Non au sens imagé, noble. Parfaitement au sens médical du terme, saupoudré de psychopathie. Merci maman. Toute horrible qu'elle soit, cette histoire est plausible et bien amenée, elle se déroule sur toute la série contrairement à toutes les autres narrations.
Bref, pas mal parce que hors des sentiers battus, rebattus et rerebattus de la saga coréenne avec Oppa Chéri dont le physique a été déconstruit pour être reconstruit afin de coller comme un labrador à son os à moelle aux canons de beauté en vigueur à l'instant T (je suis ravie de ne pas être eux à l'instant U) ainsi que sa Belle faible et sans défense mais à la plastique parfaite. La caricature comme ligne de fond décrédibilise tout. Dommage ça aurait pu être excellent sans cet aspect. Il y a là tout un éventail de personnalités qui n'attendaient qu'un souffle de vie... oups on les a gonflés au manomètre....