Our Sticky Love vient de débarquer sur Netflix, et en quatre jours, la série a fait ce que peu de K-dramas réussissent : numéro un dans dix-huit pays, top dix dans plus de quatre-vingts. Alors on se le dit tout de suite : ça marche. Mais est-ce que ça vaut le coup ?
Le titre coréen, littéralement, je ne peux même pas le traduire à l'antenne. Netflix a préféré Our Sticky Love. Sticky, collant. Et c'est là que tout se joue : le yeot, cette confiserie qu'on étire à la main jusqu'à ce qu'elle tienne, devient le vecteur de tout ce que raconte la série. Un attachement qu'on pétrit de force, jusqu'à ce qu'il colle. Qu'on le veuille ou non.
Le pitch : une procureure perd la mémoire en pleine enquête sur un réseau criminel. Un ancien boxeur reconverti en coach, dans un village paumé, se présente comme son petit ami. Sauf qu'il ment. Il l'a reconnue, c'est son premier amour, mais elle ne se souvient de rien. Alors il construit un mensonge sucré pour la protéger — et pour se rapprocher d'elle sans le lui demander vraiment.
Romantique ? Une partie du public a dit oui, séduite par la chimie entre Jung Hae-in et Ha Young. Une autre a dit non, et pas qu'un peu. Construire une romance sur l'amnésie de quelqu'un, sur son incapacité à consentir à quoi que ce soit, ça a un nom. Et ce n'est pas de l'amour. Ce n'est pas un mensonge tendre — c'est une manipulation qui s'étire, qui colle, qui finit par ressembler à de la tendresse à force d'insister.
Jung Hae-in apporte une gravité qu'on ne lui connaissait pas dans un registre aussi léger. Il ne joue pas le charme facile, il joue la culpabilité qui couve sous le sourire. Face à lui, Ha Young évite le piège de la victime passive — son personnage garde des réflexes de procureure, elle flaire les incohérences. Ça sauve la série de sombrer dans la pure niaiserie.
La mise en scène mise sur la couleur et la chaleur du village de confiseurs, sucré à l'œil, presque écœurant par endroits — un écrin trop doux pour ce que l'histoire raconte en dessous. Le montage alterne comédie légère et bascules noires vers le thriller, sans toujours trouver le bon dosage. Douze épisodes, c'est deux ou trois de trop : la série s'étire elle-même au-delà de ce que son intrigue peut tenir.
Verdict ? Our Sticky Love, c'est un carton assumé, addictif par moments. Mais sous la couche de sucre, il y a un malaise que la série ne regarde jamais en face. Elle préfère qu'on reste collé à l'écran plutôt que de nous laisser nous détacher pour réfléchir deux minutes.
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