Au début, Our Universe m’a séduite par quelque chose de très simple : le bébé.
Woo-Joo n’est pas seulement un ressort comique. Il est filmé comme un véritable centre émotionnel. La caméra s’attarde sur les gros plans, les réactions spontanées, les petits gestes, les regards, les sourires. Le montage prend le temps de laisser respirer ces moments. Et c’est là que la série fonctionne le mieux : le cœur de l’histoire n’est pas l’amour entre deux adultes, mais l’amour qui naît autour d’un enfant et qui transforme ceux qui s’en occupent.
Les clichés du drama ne sont pas un problème tant qu’ils servent l’émotion. Au début, la série repose sur des bases assez solides : la douceur, la construction d’une famille improvisée, des émotions simples et justes. On se dit alors que l’on va assister à une jolie histoire de foyer qui se construit peu à peu.
Malheureusement, avec le retour de l’ex, tout bascule. Le récit abandonne progressivement ce qui faisait sa force pour retomber dans un conflit romantique beaucoup plus classique : l’homme riche, beau et accompli qui revient lorsque l’héroïne commence à reconstruire sa vie. Ce triangle amoureux, que je supporte déjà difficilement en temps normal, finit ici par détourner complètement l’attention du lien familial et du bébé, pour introduire une logique de compétition amoureuse beaucoup moins intéressante.
Un autre point m’a dérangée : le manque de crédibilité du contexte. Le drama aborde pourtant des thèmes sérieux, le deuil, la parentalité soudaine, la responsabilité, mais les traite avec beaucoup trop de raccourcis. Ayant moi-même été maman solo du jour au lendemain, j’ai eu du mal à croire à la facilité avec laquelle les personnages s’adaptent à la présence d’un bébé et toutes les difficultés qui l’accompagne. Peut-être que je n’étais pas douée, mais j’ai trouvé tout cela bien trop simple pour être convaincant.
Même impression du côté de l’univers professionnel. Wu Hyeon Jin, qui peinait à trouver un travail correct, se retrouve soudain dans une entreprise qui ressemble à un studio Disney : des décors parfaits, des collègues impeccables, une atmosphère presque publicitaire. On a déjà vu ce type d’environnement dans d’autres dramas, mais ici tout paraît tellement lisse que les acteurs eux-mêmes peinent à y paraître crédibles.
Côté casting, la déception est également présente. Park Seo-ham, dont la voix métallique et le charisme ont donné ailleurs de bien meilleurs résultats (Semantic Error ou dans The Murky Stream), apparaît ici beaucoup trop maquillé, tel Ken surgissant de sa boîte. Ici, il est à fuir, en toute honnêteté (et çà me tue de dire çà). Quant à Roh Jeong-Eui, qui m’avait émue dans The Witch, elle reste ici assez fade et peine à rendre Wu Hyeon Jin vraiment crédible.
Que reste-t-il alors à sauver ? Eux deux. Les voici.
Woo-Joo, évidemment. Ce petit trognon de pomme dont on passerait volontiers son temps à biser les joues.
Et la relation qu’il entretient avec Seon Tae-Hyeong.
Bae In-hyuk m’a semblé sincère et naturel dans ses scènes avec l’enfant, et cette proximité donnait parfois l’impression d’un vrai lien. Je l'ai véritablement découvert et apprécié.
C’est d’ailleurs pour eux que je suis allée jusqu’au bout.
C’est dommage, car le sujet était prometteur : la naissance d’une famille improvisée. Mais à force de simplifier les enjeux et de multiplier les artifices romantiques, la série finit par ressembler à une feuille froissée, écrite pour répondre à des algorithmes plutôt qu’à une véritable inspiration de scénariste.
Et pourtant… Woo-Joo reste irrésistible.