Mes impressions sont vraiment mitigées en fonction des saisons, mais il y a quand même pas mal de bonnes choses dans cette série et, surtout, une fin moins décevante que prévu.
Saison 1
Magistrale, cette saison prend le temps de nous faire découvrir les paysages, les personnages et le contexte historique. Après une belle introduction à Inverness, on est plongés dans le climat rude et les traditions ancestrales des Highlands. On part à la rencontre des clans et des personnages secondaires un poil moins lisses que prévu.
Outlander nous plonge dans un univers captivant, que l'on a hâte de retrouver épisode après épisode. On découvre le fonctionnement des clans aux côtés de Claire, dans une contrée où perdurent les superstitions et la vie « sauvage », très loin de la cour de Londres. Un monde violent, mais enchanteur qui a ses propres codes, sa propre langue et une immense soif de liberté.
Les situations se mettent lentement en place et nous permettent de savourer chaque instant, en particulier lors des ébats amoureux de Claire, classe et toujours sublime, et de Jamie, magnifique Écossais tout en muscles et au regard de braise. Les cabrioles sexuelles (des autres) m'intéressent rarement, mais j'avoue que je me suis laissée prendre à leur jeu de séduction, et je n'en ai pas perdu une miette. La passion qui nourrit nos deux personnages est très bien rendue à l'écran, même si c'est un poil prétentieux. C'est beau en fait, c'est immersif, et cela semble crédible, presque au point de laisser un vide côté spectateurs une fois l'épisode terminé car, avouons-le, quelle histoire d'amour peut rivaliser avec la passion et le désir qui soudent Jamie et Claire ? Donc, une première saison splendide qui annonce une belle suite.
Saison 2
Dès que nos Écossais se rendent à Paris, la série perd de sa superbe. Peut-être que cela se doit à mes oreilles et à mon regard de francophone mais, ça sent le toc. La ville en elle-même, qui n'est pas Paris mais une ville bien plus à l'est de la France, n'est pas du tout convaincante. Et les personnages français qui ne savent pas parler... français ou qui ont un accent à couper au couteau sont problématiques car jamais crédibles. Comme par hasard, tout le monde parle un anglais châtié au vocabulaire riche, alors que bon, le débat ne s'impose même pas sur ce point. Il n'y a que le Roi qui m'a paru crédible, tant par son langage que par son attitude, même s'il est caricaturé à outrance, comme tout le reste d'ailleurs. Voilà pour la forme.
Pour le fond, je dirais qu'il y a quelques défauts généraux : une Claire trop vertueuse, un Jamie qui fait quasiment toujours l'unanimité, etc. Par contre, la bonne surprise, c'est Bonnie Prince Charlie, plus surprenant que prévu dans son personnage à la fois précieux, agaçant, obstiné, pieux et mégalo.
Suite à cette période parisienne, les personnages reviennent en force en Écosse pour le clou de la première partie (et probablement de la série tout entière) : la bataille de Culloden. Cette deuxième partie de saison est extra : c'est épique, c'est beau et c'est plein de surprises. Le dernier épisode est captivante et culmine avec la bataille tant attendue qui a dépossédé les Écossais de leur héritage. La pression monte à tous les niveaux, et on est impatients que Claire et Jamie se retrouvent enfin, car on le sait tous : ils vont se retrouver.
Saison 3
La première partie de cette saison est de très bonne qualité, avec le destin des personnages en parallèle et la vie l'un sans l'autre. C'est très maîtrisé : on se glisse tour à tour dans la peau de Claire et de Jamie, on a nous aussi le cœur brisé et envie de crier leur tristesse, de leur dire qu'ils vont se retrouver, qu'ils sont faits pour être ensemble.
Dans la deuxième partie, si le départ et les retrouvailles en elles-mêmes sont d'un calme et d'une sobriété bienvenue, les épisodes à Édimbourg pèchent par leur manque de subtilité et de crédibilité. Alors, oui, un voyage dans le temps en soi n'a rien de véridique, mais les situations et les événements auraient pu être amenés avec plus de subtilité, et surtout en laissant le couple revenir doucement l'un vers l'autre. Au lieu de cela, on n'est pas témoins d'une réadaptation, ou quand c'est montré, cela est très maladroit.
Le trait est grossier et tout s'enchaîne trop vite : le bordel, les problèmes de Jamie, les amitiés, l'incendie, les griefs de Jenny, le retour de Laoghaire, l'intervention de l'avocat, l'enlèvement d'Ian par les pirates.
J'avais moi aussi hâte qu'ils se retrouvent et s'aiment comme au premier jour, mais c'est un peu plat, trop poussé, comme si l'inspiration et l'envie faisaient défaut.
La partie en mer est un peu plus dépaysante, et on est curieux de voir de plus près la vie des marins, toutefois ça va aussi un peu trop vite et les situations totalement rocambolesques finissent par lasser un peu.
On achète un esclave, pof on le libère, Geillis fait un retour aussi court qu'unattendu et se transforme en sorcière maléfique alors qu'elle était plus sympa, la militante radicale, avant d'échouer dans les Caraïbes. Et le bain de sang franchement... Ça ne va pas du tout avec l'esprit de la série.
Je ne sais pas comment ça se passe dans le livre, mais il y a une volonté de mettre tout ce qu'on peut, à la manière d'un pot-pourri, pour aborder tous les sujets : on veut montrer les racines de la santería, le marché aux esclaves, les pirates, les évangélistes... À trop vouloir en mettre, certains épisodes laissent une impression de fourre-tout pesant et pas du tout réussi. Et quand ça ne prend pas le temps, ça m'énerve. Voilà, j'aime bien quand ça s'installe doucement, quand l'histoire est distillée au compte-gouttes pour nous permettre de nous immerger dans l'ambiance et les relations humaines.
Saisons 4 à 8
Pour le reste des saisons, que je vais résumer pour ne pas pondre un pavé, il y a du bon et du mauvais, avec des péripéties évitables qui font un peu froncer le sourcil, mais encore une fois, on ne s'ennuie pas. Mais surtout, dès qu'on débarque en Amérique, on découvre ou redécouvre des personnages secondaires qui pimentent un peu l'action, même si Jamie et Claire restent au centre de l'action. Des seconds rôles incroyables qui volent parfois la vedette au couple principal.
Je pense notamment à John Grey (David Berry), l'un des meilleurs personnages à mon avis, à Rachel (Izzy Meikle-Small), à William (Charles Wandervaart) et à Marsali. Des personnages bien écrits, mais aussi très convaincants en raison des acteurs qui les incarnent. Lauren Lyle (Marsali) crève l'écran, bien plus que Sophie Skelton (Brianna). Et même s'il n'est plus là et qu'on le déteste tous, il faut savoir saluer l'incroyable prestation de Frank / Black Jack dans les saisons précédentes, avec un Tobias Menzies qui se montre à la fois facétieux, sadique, aimant et imprévisible.
Conclusion
Tout comme dans Game of Thrones (qui est tout de même de bien meilleure facture), on sent à la fin l'envie de tout torcher trop vite, et des dizaines de questions restent en suspens alors qu'on s'attarde sur des histoires secondaires poussives et peu intéressantes, comme Faith.
Une fin qui, malgré les raccourcis, honore la trajectoire amoureuse de Jamie et Claire : les 15 dernières minutes viennent signer ce qui reste l'une des plus belles histoires d'amour dans une série TV. Oui, c'est assez praliné, mais c'est inébranlable.