Cette série dramatique a été un véritable choc émotionnel, social, philosophique, politique et moral pour moi. « Comment trouver que la peine de mort, ce n’est peut-être pas le top même pour punir des actes particulièrement ignobles ? », telle est la question qu’on peut se poser en la visionnant. En fait je dirais que toute la série est une immense plaidoirie contre la peine de mort, au point qu'on y trouve une scène où un gouverneur favorable à la peine de mort vomisse après avoir assisté à une exécution. Le moins que l'on puisse dire c'est que les prisonniers d’Oze ne sont pas des enfants de coeur : on y fait d'ailleurs explicitement référence dans l’autre incontournable série carcérale "Orange is the new black", lorsqu'un conseiller de la prison dit à une nouvelle détenue : "On n'est pas dans un épisode de Oz. Ici, les femmes se battent à coups de potins et de rumeurs". Pour 90% d'entre eux, il est difficile de se dire qu'ils sont sympas et même on compte un grand nombre des pires pourritures du cinéma, la palme d'or haut la main pour Vernon Schillinger, brillamment interprété par J.K. Simmons (avant qu'il ne soit un professeur sadique dans "Whiplash"). Et pourtant au fil des épisodes on apprend tous à les apprécier car on découvre leur passé, leur présent et probablement leur futur bien pourris, et il émane toujours d'eux quelques parcelles d'humanité surgissant à des moments inattendus. Bien que les prisonniers d'Oz soient incroyablement violents et sadiques à l'extérieur et à l'intérieur de la prison, la pire violence de la série vient du système (social, carcéral, politique..) qui conditionne presque totalement les individus "mal nés" à devenir des délinquants finissant en prison, préférant sévir et tuer des criminels que se prémunir contre le mal avant qu’il ne survienne en faisant en sorte d’amener à un maximum d’égalité des chances et de justice sociale. Il y aussi une poésie sublime baudelairienne dans cette série car on y trouve des relations humaines très bouleversantes entre prisonniers ou entre des membres du personnel de la prison et des prisonniers. Ce qui m'a surprise, c'est aussi le parti pris réaliste, cruel et sans concession de ne pas préserver les personnages les plus sympathiques (ainsi que l'âme des spectateurs) : voici la série précurseuse de Game of thrônes et je vous préviens donc qu'il faudra essayer de ne pas trop vous attacher ! Oz est à réserver à un public bien averti : vous n'êtes pas là pour rigoler et rêver mais vous allez certainement réfléchir par contre.