"Nul n'est innocent, il n'y a que différents degrés de culpabilité"
Oz, c'est une série culte monumentale qui met en scène des Blancs, des Noirs, des Latinos, des européens, des asiatiques, des musulmans, des juifs, des chrétiens, des jeunes, des vieux, des beaux, des moches, des intelligents, des idiots, des grands, des petits, des costauds, des maigres, beaucoup d'hommes, peu de femmes...
Oz c'est aussi un pénitencier haute sécurité qui regroupe dans le huis-clos assez restreint d'Em City des gardiens, des détenus, des innocents, des coupables, des condamnés à vie, des condamnés à mort, des homos, des hétéros, des bourreaux, des victimes, des pacifistes, des violents, des violeurs, des délinquants, des dealers, des truands, des tueurs, des plutôt gentils, des plutôt méchants...
Et tout ce beau monde est administré tant bien que mal par l'humaniste et très ingénu McManus qui croit dur comme fer que même le pire des criminels peut être réhabilité. Ce que la série ne nous laissera jamais conclure, même si elle nous le fait presque croire par moment.
Première grande force de cette série : la psychologie de ses (très) nombreux protagonistes, totalement crédible car, comme déjà évoqué, très lointaine de tout manichéisme puéril. À Oz, de bonnes âmes comme le pauvre Tobias Beecher ou le non-violent Kareem Saïd ont leurs moments de folie destructrice quand la Haine les submerge. À Oz, des monstres absolus de sadisme comme l'horrible Vern Schillinger ou le terrifiant Simon Adebisi peuvent faire montre d'une sensibilité très étonnante quand leur Humanité les rattrape. Entre ces extrêmes, certaines personnalités sont tellement ambivalentes qu'on ne sait pas si l'on doit les adorer ou les détester comme c'est le cas pour Cyril O'Reilly ou Chris Keller qui peuvent être d'extra-ordinaires bienfaiteurs comme d'haïssables malfaisants...
Sous prétexte de routine carcérale et de guerres intestines, la série offre une vaste et très efficace étude de la nature Humaine à travers un panel impressionnant de situations, d'expériences, de sentiments, d'émotions, de croyances... bref d'évènements de vie qui toucheront la toute aussi vaste galerie de personnages dont certains dureront toute la série et d'autres bien moins longtemps (dangers de la vie pénitentiaire obliges !).
Deuxième grande qualité de la série, directement conséquente de la première : la multitude de sujets abordés. Grâce à un montage astucieux qui alterne en conservant un rythme accrocheur le récit et les discours décalés d'un narrateur lui même détenu d'Oz et somme toute très attachant, chaque situation vécue par un personnage sera l'objet de réflexions, morales, polémiques adressées aux spectateurs. Autant de thèmes variés et intemporels tels que l'origine de la violence, la répression du crime, la rédemption, la prise de responsabilité, etc qui sont ici traités sous un angle nouveau de manière à relancer bien des débats.
Oz, c'est certes l'être humain dans un milieu particulièrement hostile et ultra-violent, mais Oz c'est avant tout l'être humain dans sa globalité : sa lutte pour sa survie, son besoin d'amour, ses pulsions, ses contradictions, ses regrets, ses projets, ses espoirs, ses démons, ses joies, ses pleurs, ses conflits avec les autres, ses conflits avec lui-même, ses choix, son évolution, ses changements... son humanité !
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