On a commencé Oz suite à une recommandation d'un ami et à la surprise de voir la super note moyenne sur Sens Critique. Vu l'âge de la série, j'imagine qu'il y a deux biais notables : les vrais fans sont venus noter majoritairement, et la nostalgie fait souvent ajouter des points.
C'est quand même une bonne série, avec une réalisation posée, loin de l'action à outrance qu'on peut trouver dans les réalisations modernes. Le format 4/3 dérange un peu au début, mais on s'y fait.
On apprend vite que Link, l'opérateur de Morpheus, a passé quelques années en taule sur un fauteuil roulant avant de rejoindre le Nebuchadnezzar. Ses interludes qui viennent ponctuer les épisodes permettent d'ajouter du contexte sur les personnages et apporter des réflexions sur les évènements.
Quasi en huis-clos dans la prison d'Oswald, la série aborde de nombreux thèmes. Certains très proches du milieu carcéral, comme les notions de réinsertion, de seconde chance, de peine de mort. D'autres peuvent être élargies au-delà de la prison, comme la critique des politiques, le racisme systémique, les inégalités, la morale et la culpabilité, le pardon, la religion, la drogue et le respect de son corps, la famille, l'importance de l'éducation.
La série ne montre pas des gentils et des méchants, mais des humains, de chaque côté de la grille, avec leurs problèmes, leurs torts, et leurs faiblesses. Certains détenus ayant fait des actes horribles dans le passé peuvent se montrer empathique avec les autres ou s'émouvoir de devenir père. Des gardes peuvent se montrer inhumains, ou enfreindre la loi et trafiquer avec les détenus. Sans prendre vraiment parti, sans défendre la loi ou l'illégalité, la série pousse à se poser des questions, à réfléchir à ses propres valeurs, comme cet épisode qui traite des mensonges nécessaires, à la fois dans les murs d'Oz pour protéger un détenu, ou dehors pour protéger une carrière politique, ou celui qui questionne les soins apportés à un détenu, et par extension les montants alloués à l'entretien de personnes incarcérées.