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29 critiques
Gogeta émotionnel
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le 15 mai 2022
Après avoir LU Pachinko de Lee Min-jin (très décevant), j’ai VU le #kdrama d’Apple TV PACHINKO - 8 épisodes d’1h environ.
Je pense que les auteurs et réalisateurs du drama ont ressenti le même vide que moi dans le roman et la même frustration. Dans le roman, la 1ère partie en Corée est très agréable à lire mais la seconde partie, l’exil au Japon, est juste une chronologie sèche des événements qui se succèdent. Aucune émotion ressentie, juste une succession de moments furtifs avec des sauts dans le temps incompréhensible pour moi. Je n’ai rien ressenti pour ces personnages pourtant très émouvants, un véritable gâchis. Du coup ils ont rajouté ce qui manquait : de l’émotion, de la souffrance du déracinement et encore plus d‘émotion. Rien que pour ça, je les adore.
Le roman est chronologique dans le récit, le drama développe 2 périodes en parrallèle : l‘histoire de l’exil de Sunja (les années 30 en Corée et l’arrivée au Japon) VS les années 80 vues par Solomon, le petit fils, qui navigue entre États Unis et Japon. C’est un peu perturbant au début mais c’est très bien fait et très intéressant à suivre. Solomon était déjà, avec son père Mozasu, les 2 personnages les plus aboutis et les plus développés du roman. Dans le drama, Solomon prend de l’ampleur et c’est très bien vu (l’acteur Jin Ha est épatant) ! D’ailleurs, tous les acteurs sont épatants 🙂, il y a quand même l’oscarisée Yoon Yeo-jeong.
Et j’ai enfin compris ce qu’est le Pachinko 🙂
Le ++++ du drama, c’est le rajout (tellement bienvenu) du développement et de l’humanisation de tous les personnages du roman et notamment de 2 personnages à peine effleurés dans le roman :
1 - Koh Hansu (Lee Min-ho sans paillettes mais toujours très chic) avec un épisode entier consacré à son histoire (en introduisant le traumatisant grand séisme de 1923 dans la région de Tokyo, qui a causé des milliers de morts et provoqué un gigantesque incendie),
2 - Hana, la demie sœur de Solomon (en fait la fille de la nouvelle femme de son père), punkette rebelle dans le roman mais dont le destin dans le drama est lié au SIDA, toute nouvelle maladie des années 80.
En bonus, à la fin du 8e épisode, on a droit aux témoignages émouvants de ces déracinées, des coréennes ayant vécu le destin de Sunja, vivant toujours au Japon.
En bref, le drama est ce qu’aurait dû être le roman : un récit bouleversant de la vie de ces déracinés, avec ses souffrances, ses émotions, parfois ses joies, sa puissance et son humanité.
Même le générique, un peu dérangeant au début devient une évidence, surtout pour le dernier épisode ou il est sublimé par la troupe coréenne LINALCHEE qui surpasse l’originale. A voir, vraiment.
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Saison 2 (vue en octobre 2024)
Le pitch : La saison 2 reprend l’histoire de la famille de Sunja, originaire de Corée du Sud sous colonisation japonaise et émigrée au Japon dans les années 1930, maintenant en pleine seconde guerre mondiale, et suit en parallèle celle de ses descendants dans les années 1990.
La réalisation passe d’une époque à l’autre sans transition mais ça ne m’a jamais perturbée, au contraire, ça relance à chaque fois l’intérêt pour l’histoire développée et ça permet de faire des ponts entre les générations.
Pachinko est une saga épique, bouleversante et intense sur le déracinement, mêlant l’espoir et la haine, l’amour et la souffrance, la grande Histoire et la petite.
Cette histoire poignante reprend sept ans après les événements de la saison 1, plongeant plus profondément dans les thèmes du racisme, de l'identité et des façons douloureuses dont les individus commencent à rejeter leur propre héritage afin de s'intégrer dans la société.
Le cœur de cette saison est l'histoire de Noa, sur lequel reposent tous les espoirs de sa famille. On le suit de son adolescence, enfant doux et raisonnable, jusqu’à ses 20 ans, où il découvre l’amour et la haine, et où la dure réalité de son environnement le rattrape de plein fouet.
Cette saison explore également de manière complexe la vie d'autres personnages avec une grande profondeur. Les amours interdits, le syndrôme post-traumatique des survivants de Nagasaki, la révolte des coréens contre leurs conditions de survie dans ce pays où ils n’ont jamais été acceptés, l’apparition des premières initiatives de notables japonais pour redresser leur fierté nationale après la défaite cinglante, la lutte de la nouvelle génération pour appartenir à la société japonaise en tant que coréen, chacune de ces histoires est parallèle, se tissant pour rendre ce spectacle complet. Chaque histoire présente ses propres luttes et perspectives uniques.
L'ensemble de la distribution livre de merveilleuses performances, avec plusieurs scènes laissant un impact durable sur le spectateur.
Chaque fois que je vois la Sunja âgée de la fin du siècle, les yeux de l'actrice semblent raconter l'histoire de ses luttes passées. Même après avoir perdu tant d'êtres chers, elle continue pour le bien de sa famille restante. Les émotions qu'elle transmet sont extraordinaires et la prestation de Youn Yuh-jung, oscarisée pour son rôle dans le film Minari, est extraordinaire.
Lee Min-ho, qui ne m'avait jamais particulièrement impressionnée auparavant, révèle à nouveau tout son talent dans Pachinko.
Kim Min-ha nous offre une prestation brillante d’une « mère courage » infatigable à élever ses deux adolescents. Kang Taeju, qui joue l'adulte Noa, n'a que quatre mois de plus qu'elle dans la vraie vie, ça ne se voit jamais, son jeu d’actrice est une véritable performance. J’espère la voir souvent dans d’autres rôles.
Jin Ha, dans le rôle du petit fils Solomon, est une vraie bonne découverte. Cet acteur américain-coréen est épatant, il se permet de voler la vedette à Lee Min-ho, il a énormément de classe, il est impérial.
Bref, Pachinko est un des meilleurs dramas que j’ai vu depuis mes débuts de dramavore, et même une des meilleures séries tout pays d’origine confondus. La fin de cette saison amène clairement une saison 3, et j’ai hâte de continuer à suivre cette saga passionnante.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 11 oct. 2024
Modifiée
le 12 mars 2025
Critique lue 81 fois
8
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