1900 : Série historique et policière française très ambitieuse, Paris Police 1900 lorgne du côté de Peaky Blinders, Boardwalk Empire ou de The Knick. La reconstitution y est soignée et rigoureuse historiquement, l’ambiance sombre, dure et poisseuse, et le récit s’articule autour de jeux de pouvoir, de coups montés et de conspiration dans un contexte social et politique rendu explosif et délétère par l’affaire Dreyfus.
De quoi constituer une grande fresque d’époque tout en nous agrippant avec son histoire sordide de femmes retrouvées en morceau dans des valises.
Malheureusement la multiplication des arcs narratifs, les personnages nombreux et difficiles à identifier rendent le tout peu lisible et Paris Police peine un peu à trouver une cohérence globale.
Au-delà de ça, beaucoup de comédiens usent d’un jeu très théâtral, désormais beaucoup trop daté pour la télévision. On peut même dire que c’est souvent mal joué… Et comme la musique est tout aussi peu moderne, la série, malgré d’indéniables qualités, sent en peu la naphtaline
1905 : Cette suite à Paris Police 1900 sur les débuts de la police scientifique s'accompagne d'une indéniable montée en gamme. PP 1905 épate par son ambition visuelle, la reconstitution est impressionnante et les intrigues aussi sordides que prenantes. Mieux écrite, mieux jouée, plus concise et cohérente que la saison précédente (même s'il y encore beaucoup de noms à retenir), elle mêle brigade des mœurs et épidémie de syphilis, misogynie et homophobie, corruption policière et politique sur fond de séparation de l'Église et de l'état. Dense et sombre. En passe de devenir une valeur sur des Créations Originales Canal.
Après 1900 et 1905, Fabien Nury clôt sa fresque historique et policière sur le Paris interlope et crasseux de la Belle Époque. La série a mis du temps à trouver son style, mais elle a progressivement construit une identité forte, une signature propre et un univers marqué et singulier. Avec sa photographie sombre tirant vers le sépia, sa reconstitution crue de la capitale du début du siècle, et sa manière de faire résonner les faits historiques avec les aventures scandaleuses de ses personnages, Paris Police en impose. L’écriture est soignée sans être ampoulée, et les comédiens ont progressivement pris leurs marques. Les sujets sont par ailleurs toujours captivants. Après les débuts de la police scientifique en saison 2, la lumière est portée cette fois sur les journalistes et la presse à scandale qui modèlent l’actualité à leur guise. Là encore, il faut laisser le récit s’installer et, même si elle est moins ample qu’en saison 2, l’intrigue policière et judiciaire reste tout à fait convaincante.