The Suicide Squad avait éveillé ma curiosité vis-à-vis de ce spin-off centré sur le personnage de Peacemaker incarné par le l’ex-catcheur John Cena. L’inventivité débordante dont fait régulièrement preuve James Gunn ainsi que l’amour qu’il porte à la bande dessinée et la musique des années 80 suffiraient amplement à justifier le visionnage de n’importe quel film ou série. Cependant, force est de constater que ce nouveau projet n’a pas bénéficié du même soin que son prédécesseur.
La mise en scène, gros point fort du film original, est ici bien moins inspirée, plus scolaire en fait, et n’offre que de très rares fulgurances. Aucun affrontement filmé à travers le reflet d’un casque, aucune utilisation intelligente de la brume ou d’une couleur en particulier. C’est propre et lisible, mais assez classique et bien trop sage.
L’humour, lui aussi, se trouve être beaucoup plus lourd, plus insistant et bien moins subtile. Certaines blagues s’éternisant un peu trop à mon goût, et je ne serais en aucun cas étonné d’apprendre le record d’utilisation du mot « bite » battu par Peacemaker.
Cependant le show possède tout de même certaines qualités indéniables, notamment son casting. John Cena porte toujours le costume avec brio et s’avère encore plus attachant que prévu, s’éloignant très vite du mercenaire assoiffé de sang. Son personnage comprend très vite que la paix ne s’obtient pas toujours par la force et la violence, et que tuer femmes et enfants ne le motive pas réellement, et le comédien l’incarne parfaitement. Mais il n’est pas le seul, puisqu’il est une nouvelle fois accompagné d’un petit groupe de personnages très attachants, plutôt bien développés et aux parcours diverses et variés. Contrairement à The Suicide Squad, ici les personnages secondaires sont des vraies plus-values et plus seulement de la chair à canon. Ils ont des défauts, des problèmes, des vies de couple, et valent la peine que l’on s’inquiète un minimum de ce qui pourrait leur arriver.
L’utilisation de la musique, elle aussi, est un gros point fort de la série. Les goûts de Chris sont volontairement très précis et font office de soundtrack tout au long des épisodes, et quels goûts ! Et quel générique, certainement l’un des meilleurs qu’il m’est été donné de voir ces dernières années.
En définitif, Peacemaker s’avère malgré tout être un programme surprenant, moins généreux visuellement mais plus sulfureux et privilégiant ses personnages à l’action décomplexée. L’humour graveleux n’est pas toujours parfaitement dosé et désamorce parfois certaines séquences potentiellement dramatiques, mais se révèle plutôt n’être qu’une parenthèse occasionnelle au sein d’une histoire pas trop mal écrite et bien plus intéressante. John Cena est toujours aussi juste et rend son anti-héros étonnement plus profond qu’il n’y paraît, et s’installe selon moi aisément à la table de ces acteurs qui deviendront difficilement remplaçables dans leur rôle.