C’est très déroutant comme série : les gens sont contrôlés par une entité commune qui fait l’effet d’un gros antidépresseur ! Scénario original que de se faire avoir par des extraterrestres qui t’enverraient la recette du bonheur chimique pour te contrôler, et qui se propagerait méthodiquement. En plus, il ne s’agit pas vraiment de bonheur, mais plutôt de l’absence de sentiments négatifs. Ou d’une forme de détachement émotionnel. Ou tout simplement de l’absence d’ego. L’individualité est effacée. Et ils sont sérotoninement gentils.
La seule personne, finalement, à résister, c’est Karen… euh Carole, lesbienne cynique, qui a le pouvoir de les tuer à coups de vacheries. Le côté fin du monde, le lotissement dans le désert, les excentricités maintenant qu’il n’y a plus de règles font penser à The Last Man on Earth version féminine, là où le paradoxe "Est-ce le Paradis ou bien l’Enfer" fait penser à Thé good place. Dans les deux cas, une anti-héroïne alcoolique/ dépressive entourée de bras cassés face aux “méchants”? Elle aurait le choix (et la capacité) soit de les exterminer (sans trop d’efforts), soit d’adhérer, car ils ne sont pas réellement agressifs pour l’instant. D’autant qu’elle n’a plus aucune attache, contrairement aux autres dont les familles ne sont pas immunisées.
Mais finalement, ça ne serait pas “bien” de se laisser engloutir par eux, si simples à vivre, d’autant qu’elle fait perdre du temps à tout le monde, puisque eux ont continué leur vie et accepté le changement ? Elle veut impérativement continuer à agir comme avant, qu’elle n’appréciait pas plus que ça, alors que tout a changé. Parce que la vision de Carole l’insoumise est très chiante : on voudrait qu’elle prenne la pilule bleue, ou qu’elle leur crie dessus jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul debout et qu’on en finisse. Mais (on le comprendra plus tard) en bonne narcissique, elle ne peut pas rester seule, elle a besoin d’eux.
Comme The Last Man on Earth et The Good Place, ça tourne en rond parce qu’il n’y a pas 10 000 solutions possibles passé les premiers coups d’épée, et on fait poireauter le spectateur sur le choix final avec des rebondissements qui floppent. Le seul point positif, c’est le jeu sur le “1” de PUR1BUS qui amène le spectateur à réfléchir à la fois sur le “1” qui représente l’ensemble mais aussi l’individualité. Quelle proportion de chaque pour atteindre un équilibre où tout le monde est mieux 90/10 ou 50/50 ? On sent qu’elle veut lâcher prise, parce qu’en se pliant à sa volonté, les autres se mettent à mal, et la culpabilité érode sa posture d’égoïste. Mais est-ce qu’elle acceptera de s’oublier ?
NB : Parce que c’est le même réalisateur que Breaking Bad et BCS, ça doit être forcément génial et il ne faudrait surtout pas critiquer ? Hum, nope…