Il suffit d'entendre dès les premières secondes la voix de Jean-Paul Rouve pour donner le ton à Polar Park. La série est très française, mais dans le bon sens du terme. C'est une comédie dramatique noire avec un refus de l'autorité mélangé à de l’inoffensivité, une morgue un peu dépressive, un peu d'absurdité mais surtout de l'autodérision et de l'ironie. Cette ambiance colle très bien à l'intrigue en 6 épisodes de Mouthe, qui mêle comme souvent une intrigue personnelle — le secret de la mère de l'écrivain — et une intrigue policière — cette fois-ci sur des meurtres « artistiques ». Je suis plutôt bon public et si certains secrets se devinent, je me suis laissée porter avec plaisir tout au long de la série. Elle est bien construite, faites un bon usage de son décor montagnard, du clivage entre les locaux et les citadins ou de sa mise en abyme avec les romans de David Rousseau.
Les acteurs et leurs caractéristiques vont très bien ensemble il y a une bonne alchimie à l'écran. Le registre habituel de Jean-Paul Rouve se marie bien avec la fausse candeur d'India Hair où le sérieux un peu timide de Guillaume Gouix. L'ensemble des personnages forme une galerie plutôt cohérente qui permet suffisamment de rebondissements sans tomber dans la surenchère. Ils sont attachants et obtiennent chacun à leur tour des moments de grâce, à l'image des deux gendarmes présentés comme un peu benêts (enfin surtout pas habitué à ce type d'enquête) qui se verrait révèlent bons musiciens. Polar Park bénéficie également d'une belle réalisation technique, d'une bonne direction d'acteurs et d'une jolie photographie. Je trouve que l'ambiance froide et brumeuse et particulièrement réussie. C'est une bonne surprise à regarder au chaud cet hiver.