La Corée du Sud affiche aujourd’hui le taux de natalité le plus bas au monde, autour de 0,7 enfant par femme et même en dessous certaines années.


Pour beaucoup de femmes, avoir un enfant signifie encore une interruption de carrière (Doctor Cha), une pression professionnelle difficile à concilier (Something in the Rain même si ce n’est pas son thème principal), le poids du coût du logement (Because This Is My First Life) ou une charge familiale largement assumée seule (réalité que l’on voit notamment à travers un personnage secondaire de Diary of a Prosecutor).


Alors, le regard des dramas évolue. On voit apparaître des mères célibataires (A Dire Vrai), des parents isolés (One Spring Night), des modèles familiaux plus variés (Family by Choice, le troisième couple de No Gain No Love), ou encore des choix personnels de maternité, comme ici dans Positively Yours. 


Le point de départ est donc intéressant : une grossesse hors mariage dans une société où la norme familiale reste forte. Le choix de garder l’enfant appartient à l’héroïne, et c’est sans doute l’aspect le plus juste du récit. Elle doit affronter le regard de sa mère, celui de la société, et repenser l’organisation de sa vie pour continuer à travailler. On retrouve d’ailleurs une approche similaire dans My Sweet Mobster, où une grossesse imprévue dans une intrigue secondaire est également présentée sous l’angle du choix personnel.


Mais très vite, la situation se trouve largement adoucie. Ici, le père ne disparaît pas : il reconnaît l’enfant, assume ses responsabilités et s’implique. Mieux, il est amoureux et accepte qu’elle ne se précipite pas dans ses bras. Sur les plans matériel et affectif, la sécurité est rapidement assurée. La série ne raconte donc pas vraiment l’histoire d’une mère seule, mais celle d’un choix personnel dans des conditions finalement plutôt favorables. Mais elle change réoriente le regard… sans montrer la difficulté.


Dans un pays où beaucoup de jeunes renoncent à la parentalité, souvent perçue comme un sacrifice, le drama proposera donc une image rassurante de la maternité. La réalité se trouve ici lissée au profit d’une romance plus confortable. Le dilemme existe, mais sans véritable risque.


Le choix de garder l’enfant est présenté comme allant de soi. La question de l’avortement n’entre même pas dans le champ du possible narratif. Or, dans la réalité coréenne, la situation est plus complexe. L’avortement a été dépénalisé récemment (2019) et le sujet reste sensible.


Le traumatisme de Doo-joon repose sur un événement d’une gravité réelle, qui m’a surprise dans le cadre d’une comédie romantique. La mort et la culpabilité qu’elle implique sont évoquées presque comme un ressort narratif ordinaire, ce qui m’a laissée perplexe. La culpabilité du survivant est presque inévitable après une perte. Mais lorsqu’elle s’ancre dans un geste précis, accompli dans une situation où l’on n’avait en réalité aucun choix, elle devient encore plus lourde à porter : la responsabilité ressentie dépasse alors toute rationalité. Pourtant, cette blessure est rapidement adoucie, comme si l’amour suffisait à réparer instantanément ce qui aurait mérité un développement plus nuancé. Certes, le procédé est courant dans le genre, mais ici je l’ai trouvé à la fois brutal et maladroit.


À vouloir mêler tous les registres et séduire tous les publics, la série finit par se disperser et par affaiblir l’impact de ses thèmes. Des personnages trop caricaturaux, un usage excessif de bruitages, une succession de gags m’ont quelque peu fatiguée sans compter LE triangle amoureux sorti de nulle part et que je supporte de moins en moins (déjà de base, je n'aime pas çà) sont des points négatifs sur une série qui se veut sans prétention. Seule la présence de Choi Jin-hyuk et Hong Jong-hyun (découvert dans Race) a suffi à maintenir mon intérêt.


J’ai cependant apprécié l’équilibre du couple. Hee-won affirme son indépendance et avance à son rythme, tandis que Doo-joon se distingue par son sérieux et sa retenue, loin de toute superficialité. Leur relation se construit dans le respect des choix de chacun, avec une véritable réciprocité : loin du schéma classique de la protection à sens unique, chacun se révèle capable de soutenir l’autre lorsque les circonstances l’exigent. Cette maturité constitue un point agréable.


Malgré un traitement souvent trop léger et édulcoré, je retiens surtout l’idée qui traverse la série : celle du choix. Face à une grossesse imprévue, chacun décide, assume et avance, parfois à contre-courant des normes. Dans une société où la conformité reste forte, ce regard bienveillant sur des trajectoires personnelles a quelque chose d’apaisant. 


Un ensemble inégal, mais une intention sincère qui, pour moi, mérite un petit 6.

AliceJeanne
6
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le 28 févr. 2026

Critique lue 127 fois

AliceJeanne

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