Jugement sur 2 épisodes : OZ dans le palace? ou la version trash de Dear You..
« Ma sœur », « ma frère »… Les séries françaises ont décidément trouvé leur filon : recycler la jeunesse de banlieue, ses codes et son langage, et la déplacer dans des décors improbables. Cette fois : un palace parisien. Enfin, “palace”…
Un palace glauque, aux murs sombres, baigné d’une lumière tamisée partout — chambres, lobby, restaurant — avec une déco façon maison close.: Employés retors (Anne Azoulay), directeur à moitié mafieux (Melvil Poupaud), toujours une cigarette à la main (au cas où on n’aurait pas compris que c’est un “méchant"), convoque ses sous-fifres en se servant un p'tit whisky — Mad Men, c’était une autre époque… À ses côtés, l’homme de main (Slimane Dazi), tout droit échappé d’un casting chez Olivier Marchal.. Tout est lourd, appuyé, surligné. La menace n’est pas suggérée : elle est martelée à coups de néon… tamisé.
Étrange pour un lieu censé incarner le luxe, le calme et la volupté.
On comprend l’intention : Mais est-ce crédible ?
Les jeunes employés — souvent en réinsertion après la prison (Manon Bresch, très juste ; Sandor Funtek) — sont sous l’emprise d’employeurs sans scrupules. Tous parlent avec le même accent de banlieue et subissent des riches caricaturaux qui les exploitent, les humilient… au service d’une clientèle tout aussi outrancière (du joueur de foot et son manager , aux mafieux russes et leurs gardes du corps, en passant par l'influenceur américain . tout y est) .
Que la discipline soit stricte dans un palace, d’accord. Mais un directeur qui répond à un employé : « Tu retournes dans ton cagibi et t’arrêtes de me casser les c… », ça sonne faux. Tout comme la crédibilité de cette fameuse réinsertion (des ex délinquants qui servent une clientèle chic et riche, non non.. ça n'existe pas)
J’ai tenté, péniblement, cette nouvelle série estampillée HBO, mais je vais m’arrêter là. Personnages peu intéressants, ET intrigue peu passionnante;
Ajoute à ça le syndrome bien français du chuchotement permanent — comme si parler normalement risquait de faire surjouer les acteurs — et tu obtiens une série où tout le monde marmonne dans la pénombre. Ambiance soporifique garantie..
Quand une série est ratée, on ne voit plus que ses défauts.
Encore un coup manqué pour HBO France. Décidément, un des rares pays où ce label, pourtant synonyme de qualité partout ailleurs, peine à convaincre.