On comprend assez vite pourquoi le jury de Series Mania a récompensé cette série polonaise de deux de ses plus prestigieux prix (Grand Prix international et meilleur acteur). Au-delà de la force de son sujet, Proud est le portrait subtil, nuancé et remarquablement bien construit d'un jeune homme queer confronté à un changement de vie radical, qu'il peut choisir d'embrasser ou non.
C'est l'histoire de Filip, un petit con brûlant la vie par les deux bouts, qui se prend un mur en pleine figure avec la mort de sa sœur, qui élevait seule sa fille encore bébé. Le père de l'enfant ne l'ayant jamais reconnue, Filip décide de l'adopter plutôt que de la confier à une famille d'accueil. Il va très vite se heurter à ses propres limites et à l'homophobie crasse encore très présente dans le pays (on a souvent les poings qui se crispent et le cœur noué).
La réalisation est fluide, vivante, et se permet même quelques effets narratifs accrocheurs (l'épisode 6). La série est forcément politique, mais jamais militante. Elle sait se faire tendre, émouvante, sans jamais être dans le déni de la dureté de la réalité.
Filip gagne en profondeur au fil des épisodes et s’impose comme l’un des personnages gays les plus intéressants vus récemment à la télévision. Son évolution est cohérente, touchante, jamais idéalisée. Ils se font de plus en plus rares à l'écran, il est primordial de les chérir et de les protéger.