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le 7 avr. 2026
SuivreBeau, prenant… mais inégal !
Pursuit of Jade est un drama que j’ai globalement beaucoup aimé, mais qui traîne quelques défauts qui m’empêchent de le placer plus haut qu’un 7/10.Ce qui m’a immédiatement séduite, c’est...
Il y a des séries dans lesquelles il ne se passe pas grand-chose. Et puis il y a celles dans lesquelles il se passe constamment quelque chose sans que l'on ait vraiment l'impression que l'histoire avance. Pursuit of Jade appartient plutôt à la seconde catégorie.
Dans les faits, l'intrigue reste assez simple et quarante épisodes, c'est long. Ici, comme le fond de l'histoire (Jinzhou, la plaque-tigre, l'incendie, le rôle de Changxin) n'est jamais clairement posé en amont, chaque indice arrive presque hors-sol, sans que son importance soit perceptible sur le moment. D'où cette impression d'un fil rouge parfois égaré. On se doute bien que les indices semés sont importants, mais la série sème tôt et récolte tard. Entre les deux, elle répète que l'un n'est pas celui que l'on croit (j’avais compris), ajoute un détail, en cache un autre, puis revient beaucoup plus tard préciser ce qu'elle avait laissé en suspens.
À cette impression de longueur s'ajoute une bande-son quasiment omniprésente. La musique accompagne chaque scène, comme si le silence était devenu dangereux. À force de tout souligner, elle finit surtout par me fatiguer.
Heureusement, au milieu de cette narration qui s'étire, il y a les personnages. Et curieusement, pas toujours ceux que j'étais probablement censée regarder le plus.
Côté féminin, Pursuit of Jade s'en sort particulièrement bien, dans l'écriture comme dans l'interprétation. Fan Changyu combat, décide et protège, et son interprète la rend crédible dès les premières scènes : on croit immédiatement à cette jeune femme habituée à travailler dur, à se battre et à protéger les siens. Qian Qian évolue dans un registre très différent mais son actrice tient parfaitement sa place face à Deng Kai : leur alchimie repose autant sur l'intensité qu'il apporte à Yuanhuai que sur le calme, la douceur et la résistance qu'elle lui oppose. Quant à Qi Shu, plus en retrait dans le récit, elle apporte encore une autre personnalité féminine, vive, déterminée et capable de tracer elle-même son chemin. Trois femmes très différentes, indépendantes et battantes, auxquelles leurs interprètes donnent chacune une présence bien distincte.
Côté masculin, mon enthousiasme est plus inégal. Zhang Linghe est indéniablement très beau avec sa jolie bouche, ses traits parfaits et sa grande taille. Mais son interprétation me laisse plus réservée. Le rôle de Xie Zheng est pourtant l'un des plus complexes de la série sur le papier : dissimulation permanente, rage contenue, puis remise en question de tout ce qu'il croyait savoir. Zhang Linghe n'est pas mauvais, loin de là, mais son jeu me paraît encore assez classique et parfois trop lisse pour laisser affleurer toutes les nuances du personnage, notamment dans le regard. Un manque de relief que son parcours encore relativement récent d'acteur peut aussi expliquer.
Face à une héroïne aussi énergique que Fan Changyu, cette retenue finit également par affaiblir à mes yeux l'alchimie du couple principal.
C'est d'autant plus frappant que les rôles secondaires masculins retiennent davantage mon attention et, au vu des réseaux, pas seulement la mienne. À seulement 19 ans, Lin Muran bluffe par l'assurance avec laquelle il incarne Sui Yuanqing, personnage sombre et complexe, et par une présence à l'écran qui fait oublier son très jeune âge.
Li Qing donne beaucoup de charme à Gongsun Yin sans disposer d'un personnage particulièrement spectaculaire. Son histoire avec la princesse Qi Shu fait d'ailleurs partie de celles que j'aurais aimé voir davantage développées. Deux personnages qui évoluent chacun de leur côté tout en se rapprochant, dans une romance beaucoup plus discrète et naturelle que la principale. Quelques scènes supplémentaires n'auraient certainement pas été de trop dans une série qui trouve pourtant le temps d'en répéter beaucoup d'autres.
Et surtout, il y a Sui Yuanhuai, ou Qi Min, fils caché du prince héritier Chengde, sauvé de l'incendie du Palais de l'Est et élevé sous une fausse identité comme fils du prince Changxin. C’est un personnage détestable que Deng Kai réussit l'exploit de rendre fascinant et, disons-le, terriblement séduisant.
Tout commence presque par rien : Qian Qian lui tend à boire, il effleure sa main, retient son éventail. Deng Kai pose sur elle un regard suffisamment clair pour qu'on comprenne qu'il se passe quelque chose, suffisamment ambigu pour éveiller notre curiosité. Et progressivement, le scénario vient expliquer ce que l'acteur avait déjà installé.
C'est d'ailleurs le vrai bénéficiaire de la série : jusqu'ici cantonné à des rôles de second, voire troisième plan, appelé en remplacement au pied levé, il relève si bien le défi que sa popularité explose avec la diffusion.
Car Yuanhuai n'est pas fabriqué uniquement pour être détesté : l'incendie qui a tué ses parents l'a laissé vivant mais profondément détruit. Il est à la fois victime, spolié de sa place, bourreau obsessionnel dans sa relation toxique avec Yu Qianqian. Cette ambivalence en fait un antagoniste autrement plus nuancé que le simple obstacle dressé face aux héros. Sa violence n'en devient pas excusable. Elle devient compréhensible. Il a surtout développé une peur maladive de perdre, qu'il combat par le contrôle. Dominer avant d'être dominé. Retenir avant d'être abandonné.
Et Qian Qian est précisément celle qui vient bouleverser ce mécanisme, comprenant peu à peu l'homme terrorisé derrière le despote. C'est ce qui fait de leur relation, pourtant profondément toxique, la plus intense et la plus intéressante de la série à mes yeux. Deng Kai y est pour beaucoup. Un regard, un mouvement retenu, une légère modification de son expression suffisent à faire apparaître derrière l'homme dangereux quelque chose de beaucoup plus vulnérable.
Et c'est peut-être là que Pursuit of Jade me frustre le plus. Parce qu'elle possède avec ces deux personnages une véritable possibilité d'évolution : non pas apprendre à Yuanhuai à aimer moins, mais à aimer autrement. Comprendre que protéger n'est pas posséder et qu'aimer quelqu'un signifie aussi accepter sa liberté.
Sans rien dévoiler de l'épilogue, disons que la série trouve pour ce couple une fin à la hauteur de ce qu'elle avait construit, ni complaisante ni totalement résolue. Mais cette richesse dramatique me fait aussi regretter qu'elle n'ait pas davantage exploité leur évolution plutôt que de consacrer autant de temps aux multiples péripéties qui occupent ses quarante épisodes.
Alors, qu'a-t-elle donc de si extraordinaire pour provoquer un tel buzz ? Avec le recul, je crois que la réponse tient moins à son intrigue principale, trop longue et trop avare en repères, qu'à ce qu'elle a su construire autour d'elle. Pursuit of Jade sème beaucoup, mais récolte tard, et c'est précisément dans cet entre-deux que ses seconds rôles ont trouvé la place pour exister pleinement, jusqu'à parfois éclipser ceux qu'on nous présentait comme le véritable centre de l’histoire.
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