Je préviens d’entrée, j’adore Yoo Yeon Seok, je ne serais donc pas très objective.
Schéma classique de l’homme puissant et de la femme fragile, Hee-Joo, interprète en langue des signes, est mariée avec Sa-Heon, porte-parole du gouvernement. Notez la dissonance de leur métier respectif. Parmi les exigences du contrat, leur mariage ne doit être connu de personne en dehors du cercle familial. Un jour, elle se fait enlever et le ravisseur menace Sa-Heon. Celui-ci croyant à un canular, l’envoie balader. Hee-Joo, entendant alors la réponse de son mari, entre dans une rage qui n’a d’égale que la froideur et le mépris qu’elle subit depuis 3 ans. Elle se libère et récupère au passage le téléphone du ravisseur.
Mais assez vite, cette épouse, sous une apparente candeur et naïveté, se révèle plus forte, plus manipulatrice que ce que nous attendions. En ce sens, la série est plus moderne et sort des standards habituels. Quant à lui, qui est convaincu de tout maitriser, y compris sa femme, sera bluffé, déstabilisé.
Au fil de leurs échanges, silencieux ou non, ils vont se (re)découvrir. A ce mariage qu’elle veut briser, il lui tend la main, à cette froideur qu’il lui oppose, elle ne demande que de la tendresse. Ce portable qu’elle utilise pour le fuir devient la seule chose qui les relie. Ce rapprochement, auquel nous assistons, cette fusion de ces deux êtres en recherche constante d’authenticité est magnifique à voir. Ils se nourrissent l’un de l’autre de sorte qu’ils ne deviennent qu’un, à l’instar du Yin et du Yang. L’intrigue mais également l’OST viennent renforcer le romanesque de leur histoire L’OST. Ainsi, les titres ne sont pas là pour suggérer mais bien préciser le sentiment qui doit être perçu lors de leurs échanges. Par exemple, Dreaming de Oh Hee Joon dégage beaucoup de sensualité, Hear Me de Suran, May I Love You de Jae Yeon ou Say My Name de Yoo Yeon Seok. C’est une très belle histoire d’amour entre deux êtres qui ne veulent être aimés que pour ce qu’ils sont.
Yoo Yeon Seok est un acteur qui m’impressionne. Son jeu est toujours juste et excellent. Ses regards traduisent parfaitement les émotions et sont particulièrement profonds. Il était le sublime Dong-Mae dans Mr Sunshine, qui semblait hypnotisé la jupe de Ae-Shin. En employé timide dans The Interest of Love, il faut voir la scène de la patinoire où il regarde Soo Young... Non seulement c’est un excellent acteur, mais également un très bon chanteur et musicien (il joue de la batterie, allez voir Playlist Hospital). Ce n’est peut-être pas le plus beau mais il a une classe folle et surtout un charisme de malade. Ici il est diablement sexy.
Face à lui Chae Soo Bin trouve sa place face au magnétisme de Yoo Yeon Seok. Son jeu était à la hauteur. Son allure délicate correspondait parfaitement à celle découpée de son partenaire.
On peut reprocher au scénario la présence de zones d’ombres et des raccourcis sans trop se préoccuper du public. De la même manière, j’ai regretté que le couple secondaire ne soit pas plus approfondi. Heo Nam-Joon dans le rôle du mystérieux Ji Sang-Woo et Jang Gyu-Ri dans celui de Na Yu-Ri la pétillante journaliste, méritaient quelques scènes supplémentaires. Je n’épiloguerai pas sur un épisode bien trop rocambolesque.
Mais l’alchimie entre Yoo Yeon Seok et Chae Soo Bin est à la manière du Yin et du Yang, si magique et si éblouissante que je ne retiendrais rien d’autre que le plaisir de les revoir.