Je m'attendais à une série enjolivée comme "Hollywood" où l'on remonte dans le passé (ici, les années 50) mais où l'on a quand même le droit de faire ce que l'on veut. On rajoute un peu d'intrigues, des costumes, des décors et pouf on mélange. Eh bien, pas du tout. Cette mini-série de trois épisodes nous plonge dans une Espagne franquiste et illustre le contexte et les mentalités de l'époque (que l'on soit dévoué au régime ou forcé).
J'ai eu le ventre noué pendant les trois épisodes. Finalement, on se rend compte qu'il n'y a pas besoin de s'éloigner trop loin dans le passé ni géographiquement pour trouver des gouvernements, des gens, des mentalités, des actes POURRIS jusqu'à l'os. Qu'on critique beaucoup de pays par là et par là-bas... mais qu'il n'y a pas si longtemps (et encore aujourd'hui) nos très chers pays occidentaux n'étaient absolument pas un exemple sur de nombreux points (mariages arrangés, homophobie, racisme, sexisme... sans parler de la guerre qui s'invite toujours un peu partout).
En l’occurrence ici, c'est entre autres l'homosexualité et donc l'homophobie qui sont mises en avant. J'apprécie le fait que l'on montre que ce n'est pas forcément celui qui est efféminé qui est gay ou que tous les artistes ne le sont pas (cliché qui perdure encore de nos jours). Les apparences sont trompeuses.
Le seul bémol est qu'il manque un épisode à mon goût. On reste un peu sans réponse. On se doute que certains personnages ne vont pas s'en tirer sans conséquences. (Un peu marre de toutes ces séries qui se terminent en laissant le spectateur se faire sa propre fin, sa propre idée).
+1 pour le très bon casting et la production.
Enfin, je ne sors jamais indemne de ce genre de films ou séries. Je me dis que malgré le confort de vie que l'on a (une poignée de pays seulement) et toutes les avancées (médicales, scientifiques, technologiques...), on assiste encore aujourd'hui à des scènes horribles, à des événements dignes du Moyen-Âge ou de 39-45... et que beaucoup de mentalités doivent encore évoluer.
Prenons l'homosexualité. En 2020, seuls 29 pays sur 196 autorisent le mariage gay, une poignée la reconnaissance d'une autre forme d'union, une poignée l'adoption et la GPA... Ne parlons même pas de tous les pays qui condamnent encore l'homosexualité et/ou qui la considèrent encore comme une maladie.
Triste monde.