Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi par Christine Deschamps

C'est vrai que pour les autres générations, la genZ est un mystère assez opaque. Et vous n'êtes pas au bout de vos surprises avec les montants. Donc cette série a au moins la vertu de nous donner à voir, à nous autres béotiens, à quoi ressemble vaguement le paysage intérieur des gens de 20 ans. Il faut bien ça, parce que tout a l'air d'un sacré bazar quand on se fie juste à la déco : des papiers peints déchirés, des canapés qui n'en peuvent plus, mais un appartement spacieux payé à coups d'expédients dans un quartier qui ressemble à un village, mais dont les ramifications atteignent le bout du monde. Ça méritait bien quelques explications. Que la série ne donne pas, se contentant de regarder évoluer des personnages assez sympathiques (sans plus), qui font face avec un fatalisme un peu mou aux problèmes hérités de leurs aînés. Par exemple, l'un des personnages, qui déteste cordialement sa mère un peu défaillante (un peu, c'est pas non plus Attila) ne rechigne jamais à venir la taxer tout en l'agonisant de reproches. Premier paradoxe. En fait, ce sont les anciens (le très apprécié Tim Robbins et la royale Jeanne Balibar) qui tirent le mieux leur épingle du jeu et incarnent nos interrogations face à une jeunesse plutôt sympa mais aux comportements illisibles. Le monde du travail ressemble à un accessoire dans leur histoire (on ne peut pas les blâmer, ça n'est pas la cohérence qui l'étouffe, le monde du travail...) et leur vie sentimentale est à peu près aussi rangée que celle de Xavier dans l'Auberge espagnole. Il y a donc des passerelles. Après, ce sont encore des enfants (sans vouloir les offenser), et l’irrationalité de l'enfance leur colle encore aux basques. C'est un peu la limite de cette série, dont l'histoire en est à peine une. Par contre, Paris vole la vedette à toute la distribution et on parcourt complaisamment ses avenues et ses bars, à la recherche de quelque chose qui nous échappe résolument. C'est peut-être l'objectif : dresser le portrait en creux d'âmes sensibles un peu paumées dans un monde dense et toujours un peu hostile. Sinon, bon, ça n'est pas désagréable et les acteurs sont à la hauteur, mais voilà voilà, j'ai un peu trainé à écrire ma critique et je peine déjà à me rappeler des tenants et aboutissants des péripéties. Ah, et c'est aussi un hommage au cinéma, ça n'est pas rien.

Créée

le 11 mai 2026

Critique lue 56 fois

Critique lue 56 fois

D'autres avis sur Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

3

josiekjosette

104 critiques

Toucher du doigt la nouille

L'accumulation de références et le namedropping permanent n'est même pas le pire dans cette série. Certes, la volonté de résonner chez le spectateur cinéphile jusqu'à la nausée rend rapidement plus...

le 17 mars 2026

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

7

Ferdinand75

818 critiques

talent et grande culture cinématographique pour Isabel Coixet

Une bonne mini -série. Il faut passer les deux premiers épisodes pas vraiment intéressant, et un peu « déjà vu », « bienpensants » , « lieux communs bobo », et puis le scénario se met en place , avec...

le 8 avr. 2026

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi

4

DominiqueReniers

65 critiques

Critique de Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi par DominiqueReniers

N'est pas Klapisch qui veut !

le 26 mars 2026

Du même critique

Watchmen

Watchmen

5

ChristineDeschamps

2261 critiques

Critique de Watchmen par Christine Deschamps

Il va vraiment falloir que je relise le somptueux roman graphique anglais pour aller exhumer à la pince à épiler les références étalées dans ce gloubiboulga pas toujours très digeste, qui recèle...

le 18 déc. 2019

Chernobyl

Chernobyl

9

ChristineDeschamps

2261 critiques

Critique de Chernobyl par Christine Deschamps

Je ne peux guère prétendre y entendre quoi que ce soit à la fission nucléaire et, comme pas mal de gens, je présume, je suis bien contente d'avoir de l'électricité en quantité tout en étant...

le 9 sept. 2019

Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant

Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant

8

ChristineDeschamps

2261 critiques

Critique de Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant par Christine Deschamps

Civilisation : "État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres." Cela ne...

le 16 avr. 2021