C'est vrai que pour les autres générations, la genZ est un mystère assez opaque. Et vous n'êtes pas au bout de vos surprises avec les montants. Donc cette série a au moins la vertu de nous donner à voir, à nous autres béotiens, à quoi ressemble vaguement le paysage intérieur des gens de 20 ans. Il faut bien ça, parce que tout a l'air d'un sacré bazar quand on se fie juste à la déco : des papiers peints déchirés, des canapés qui n'en peuvent plus, mais un appartement spacieux payé à coups d'expédients dans un quartier qui ressemble à un village, mais dont les ramifications atteignent le bout du monde. Ça méritait bien quelques explications. Que la série ne donne pas, se contentant de regarder évoluer des personnages assez sympathiques (sans plus), qui font face avec un fatalisme un peu mou aux problèmes hérités de leurs aînés. Par exemple, l'un des personnages, qui déteste cordialement sa mère un peu défaillante (un peu, c'est pas non plus Attila) ne rechigne jamais à venir la taxer tout en l'agonisant de reproches. Premier paradoxe. En fait, ce sont les anciens (le très apprécié Tim Robbins et la royale Jeanne Balibar) qui tirent le mieux leur épingle du jeu et incarnent nos interrogations face à une jeunesse plutôt sympa mais aux comportements illisibles. Le monde du travail ressemble à un accessoire dans leur histoire (on ne peut pas les blâmer, ça n'est pas la cohérence qui l'étouffe, le monde du travail...) et leur vie sentimentale est à peu près aussi rangée que celle de Xavier dans l'Auberge espagnole. Il y a donc des passerelles. Après, ce sont encore des enfants (sans vouloir les offenser), et l’irrationalité de l'enfance leur colle encore aux basques. C'est un peu la limite de cette série, dont l'histoire en est à peine une. Par contre, Paris vole la vedette à toute la distribution et on parcourt complaisamment ses avenues et ses bars, à la recherche de quelque chose qui nous échappe résolument. C'est peut-être l'objectif : dresser le portrait en creux d'âmes sensibles un peu paumées dans un monde dense et toujours un peu hostile. Sinon, bon, ça n'est pas désagréable et les acteurs sont à la hauteur, mais voilà voilà, j'ai un peu trainé à écrire ma critique et je peine déjà à me rappeler des tenants et aboutissants des péripéties. Ah, et c'est aussi un hommage au cinéma, ça n'est pas rien.