J’ai tenté de garder un peu de sympathie jusqu’au bout au vu de certains passages (citer les films de Guy Gilles, c’est déjà chouette) mais c’est tellement horripilant dans sa façon de caricaturer les films d’auteur, et le dernier épisode vient définitivement enterrer la série.
La série étant centrée sur Louise (double de la réalisatrice), passons sur les personnages de Nelson (assez creux, une passion pour les sushis et les milf), et sur le personnage ultra-pénible de Charlie, dont le comportement erratique va évidemment être racheté in extremis par l'énième explication par le trauma originel (on ne s’y attendait tellement pas).
Confronter Louise (qui travaille sur son premier film) à son « mentor » (Tim Robbins) est une bonne idée, mais les multiples inserts du film qu’elle fantasme de réaliser (romance autour de Françoise Hardy et Nick Drake) sont vraiment ridicules et annoncent malheureusement ce que va être la série… Louise a beau s’acharner à défendre sa vision selon laquelle il n’est pas nécessaire d’exprimer les choses par des mots, son projet de film ressemble à ces vidéos Instagram animées par une IA à partir d’une photo vintage, si bien qu’elle fait malheureusement la démonstration de la vacuité de son projet de film… et de la série elle-même.
Au final, la série est comme le film (tellement lourdingue) que Louise finit par faire au dernier épisode, tellement écrasée par ses références et ses intentions qu’elle finit par ne faire émerger que son insignifiance, alors qu’elle aurait pu se limiter à de l’indifférence.
J’ai pu lire que la réalisatrice mettait en scène, à travers le personnage de Louise, plus ou moins son propre parcours et sa construction cinéphile, mais la question que je n’ai cessé de me poser pendant toute la série, c’est de savoir si elle est complètement dupe, ou bien si elle se rend compte à quel point elle nous fait la démonstration de son incapacité à dépasser ses références fétichisées dont elle ne fait rien (= une ado qui affiche les posters de ses idoles dans sa chambre)... elle accouche d'une série faible et pénible, qui s'en serait probablement mieux portée si elle ne nous expliquait pas à chaque minute ce qu'elle a essayé de faire ou de reproduire. Mais sans les citations et afféteries en tous genres, peut-être ne resterait-il plus rien.