Après 30 ans de mariage, une femme demande le divorce pour violences conjugales.
Elle est une épouse, une mère mais surtout une femme. Elle a vécu sous l'emprise de son mari. Elle finit par porter plainte contre lui. Elle se heurte à l'incompréhension de celui-ci, de ses deux fils et de son entourage.
La famille est issue de la bourgeoisie. Elle est une femme au foyer, sacrifiant sa vie professionnelle pour satisfaire les attentes de son mari. Les deux fils ont chacun leurs propres personnalités, héritées de leurs parents.
Dans sa démarche, elle se retrouve seule. Certes, elle bénéficie d'un accompagnement par une association, ainsi qu'une avocate mais elle s'endort seule et se retrouve face à elle-même, à ses angoisses, à se remettre en question et à douter.
Elle subit les conséquences de la plainte. L'isolement d'une parole où chacun la remet en doute. Personne ne l'a croit. Elle est seule.
Durant 30 ans à simuler, pas seulement sexuellement, mais aussi auprès de ses enfants, de la famille et de l'entourage, à être financièrement dépendante de son tyran de mari. Elle se retrouve sans toit, sans ressources avec un accès limité à l’emploi, résultant de sa condition de femme au foyer. Elle a élevé deux enfants, pris soin d'eux et de leur père, tenue la maison mais cela ne peut en faire un curriculum vitae. Elle doit se justifier, se battre et se résoudre à prendre ce que la société veut bien lui offrir.
Pendant qu'elle se débat, le père orchestre ses enfants, tout en marquant sa préférence pour l'aîné, à la personnalité proche de la sienne. Le benjamin est perçu comme fragile, en raison de sa sensibilité, un trait de caractère décrit comme féminin par le père.
Une influence du père sur l'aîné avec la peur de la transmission sur le fils de ce dernier, perçu par la mère, que cette violence perdure et contamine la descendance de générations en générations.
La relation entre les deux frères se fissure, comme entre la mère et le père. Chacun prenant le parti d'un parent tout en adoptant leurs comportements.
Un père issu d'une famille bourgeoise profondément raciste qui le soutient sans se remettre en question. Ils sont conditionnés à accepter ce qui ne peut l'être, afin de ne pas être bousculé dans leur confort.
Le procès est d'une extrême violence pour cette femme. Elle a subit les violences de son mari puis doit supporter la longueur de la procédure judiciaire pour être de nouveau malmenée par un avocat avec une remise en cause de ses propos. Le jugement sur son comportement, de ne pas avoir fui plus tôt, d'avoir consenti à des rapports, de ne pas avoir porté plainte, sans prendre en compte l'emprise, le climat de terreur imposé par le mari.
Les hommes se félicitent entre eux, sans parvenir à se remettre en question. Ils sont fiers d'eux. il fanfaronne, bombe le torse, le mâle dans toute sa pathétique splendeur.
Le mari croise sa femme et lui fait cette réflexion, à laquelle, elle répond en toute sincérité, enfin libre d'être elle-même :
- Tu t'es remise à fumer ?
- Je me suis remise à vivre
Il n'est et ne sera jamais conscient de sa violence. Pour lui, c'est normal. Il est persuadé de l'aimer et se pose en victime.
En Espagne, comme en France, la reconnaissance des violences subies par les femmes est moindre.
Querer signifie Vouloir. Elle a voulu. Maintenant, elle peut vivre sa vie.