Quand on voit un meuble Ikea, il y a peu de chances qu'on en tombe amoureux : il est presque invariablement conventionnel, anguleux, triste et sans âme. On se dit qu'on pourrait le revendre à l'occasion si on doit vraiment l'acheter, mais à condition de ne l'avoir jamais utilisé, car c'est d'une qualité des plus oubliables.
Real humans est le pendant télévisuel de ces mobiliers. Les acteurs sont ternes, les scènes et le scénario en général sont sans intérêt. Tout semble fait pour respecter une norme et on a compris que personne ne s'est passionné pour cette bien trop longue série où on s'ennuie profondément.
Aucune originalité non plus, car on peut affirmer que toutes les idées exploitées étaient déjà présentes et bien plus finement analysées dans d'autres fictions depuis au moins 70 ans, ne serai-ce que par Asimov. Je me souviens d'avoir entendu à l'époque une émission traitant de la série sur France Culture, animée par un freluquet qui, manifestement, ne connaissait rien à l'anticipation. Le rendu pathétique à souhait, avait reçu le coup de grâce par l'invité de l'émission, un des écrivains les plus célèbres de la S-F classique américaine et qui, au ton las qu'il employait dans ses commentaires, devait se demander ce qu'il faisait à ce micro, avec ce jeune hurluberlu d'animateur français inculte posant des questions pour débiles profonds.
Il aurait fallu que les coupables de Real humans eussent un minimum de culture sur le sujet avant de gaspiller l'argent de la TV suédoise ou de l'Europe. Hélas, l'Europe s'imaginait très riche à l'époque. L'histoire nous a montré que, comme les robots de Real humans, ce n'était que du talc lancé aux yeux des citoyens.
Vous êtes prévenu(e)s, cette série interminable ne vous apportera rien d'intéressant.