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Rectify
7.5
Rectify

Série SundanceTV (2013)

Parce que ses mots ont la couleur du vent

* Critique rédigée après le visionnage des deux premières saisons *


=== SYNOPSIS ===


A 37 ans, Daniel Holden sort de prison après 19 années passées dans le couloir de la mort pour le viol et le meurtre de sa petite amie. Il devait mourir, c’est brisé qu’il se retrouve jeté dans un univers qui lui est devenu étranger. Rectify nous plonge dans le quotidien de cet homme, touché de plein fouet par la dure réalité d'un monde qui n’était plus à ses yeux qu’une chimère déraisonnable et auquel il avait renoncé.


=== CRITIQUE ===


Rectify est donc l'histoire d'un homme dans l’attente de son nouveau procès. Nous le suivons au rythme d'un épisode par journée, de retour dans Paulie sa ville natale, une petite bourgade rurale (fictive) de Géorgie. Le malaise est y palpable, les ragots y vont bon train et les a priori sont nombreux. Cette série est l'histoire d'une deuxième vie où Daniel réapprend à vivre, à faire des choix, à faire des erreurs également. Oh, cet homme n'est pas idiot. Même si sa scolarité n'a pas été longue, il a eu du temps en prison, beaucoup de temps qu'il a pu consacrer à lire, à penser, à théoriser. Daniel fait preuve d'une extraordinaire prise de recul et d'un détachement remarquable, pour autant le monde carcéral ne lui a pas appris à entretenir de relation avec ses semblables. C'est un homme peu affirmé qui apparaît sous nos yeux, butant sur les mots, à la démarche saccadée mais au regard brillant, affuté.


De ce point de vue le jeu déployé par Aden Young est tout en subtilité, presque minimaliste ce qui ne l’empêche pas d'afficher une palette d'émotions extrêmement large. On est suspendu à ses paroles, à ses gestes, à l'expression de ses yeux qui donnent beaucoup, énormément même. On redécouvre avec lui les plaisirs simples de s'assoir dans l'herbe, de regarder le soleil se coucher, de jouer avec les plumes d'un oreiller, ou de retrouver des vieilleries dans une malle au grenier. On est également profondément touché par ses sentiments quand il rencontre Tawney, une jeune fille ayant le cœur sur la main et antithèse des habitants soupçonneux de sa ville. Cette bonté incarnée va littéralement ouvrir ses vannes.


Car Rectify est l'histoire d'un homme mais aussi une histoire de femmes. Il y a sa sœur Amantha qui a toujours cru en sa sortie de prison. Brune pétillante, franche, naturelle parfois brute, ce petit bout de femme affiche un courage et une détermination magnifiques. Il y a également sa mère "Mother", percluse de soucis pour un fils dont les relations humaines et le comportement ont par certains côtés été figés au stade adolescent. Et puis il y a Tawney, cette blonde angélique, celle qui n'est pas de la famille mais qui va faire plus de chemin vers Daniel qu'aucun autre habitant de Paulie. Ces trois femmes offrent un point d'ancrage, une stabilité à Daniel qui n'en demeure pas moins imprévisible voire par moments incontrôlable.


Les personnages secondaires ne sont pas en reste : le casting apparaît comme fort réussi, les acteurs jouent avec une grande justesse et sont servis par des dialogues concis voire perlés. Délicatesse et subtilité se retrouvent jusque dans la critique du système judiciaire américain, jamais dite, simplement montrée en filigrane. Elles se retrouvent également sur la forme avec des cadrages simples, épurés, une lumière extraordinairement bien gérée sans être ostentatoire comme c’est devenu trop souvent le cas. Le montage nous gratifie également de douces transitions qui contribuent à l’atmosphère délicate générale.


Comme l'irremplaçable Six Feet Under il y a dix ans, Rectify est donc de ces séries sensibles et contemplatives dont on n'attendra pas un rythme enlevé mais où l'on prendra le temps de voir évoluer les personnages. Les trois actrices principales, véritables piliers de la série, complètent à merveille Aden Young pour offrir au spectateur un équilibre brillant et un contraste savoureux. Le traitement du sujet, l’attente du nouveau procès offre une intrigue tendue, une tension palpable mais aussi une vision poétique dont il serait dommage de se priver.

DarkNounours
10
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Créée

le 9 sept. 2014

Critique lue 1.3K fois

8 j'aime

9 commentaires

Poison Ivy

Écrit par

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8
9

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