Une sympathique série mésestimée, diffusée autrefois sur Arte, dont seules les deux premières saisons sont disponibles en DVD en France. (De fait, cette critique porte uniquement sur ces deux saisons.)

Évidemment, j’imagine volontiers qu’un scientifique s’amusera du typage des personnages principaux, de l’enchaînement des situations plus ou moins abracadabrantes auxquelles donne lieu le scénario, de la perspicacité des héros et de la promptitude des manipulations scientifiques – soit à peu près les mêmes réactions qu’un médecin devant Urgences. De même, les téléspectateurs habitués à la narration efficace mais souvent proprette des séries post-2010 ne goûteront pas forcément la structure narrative assez bordélique, mais qui, à mon sens, fait une partie du charme de ReGenesis.

Les amateurs de cinéma indépendant auront en revanche le plaisir de retrouver Elliot (alors Ellen) Page dans l’un de ses premiers rôles, avant que son personnage ne disparaisse vers le milieu de la saison 1. Quant aux chercheurs de récits précurseurs, ils s’amuseront d’ailleurs à voir la première saison à l’aune de la pandémie survenue depuis. (Et les complotistes de tout poil tremperont leurs sous-vêtements du début à la fin.)

Mais ce qui me paraît le plus intéressant, c’est qu’on trouve dans ReGenesis de véritables partis pris de réalisation. L’utilisation du split screen n’est pas toujours gratuite, les flash-backs avec bifurcations narratives ne sont pas qu’un artifice, et surtout la série accorde un réel soin aux cadrages, à la durée et à la valeur des plans, à la lumière – c’est assez net dans l’épisode 2.12, par exemple. De quoi faire décoller un peu la combinaison entre missions professionnelles et préoccupations privées (la vie sentimentale des personnages, leur psychologie, leurs liens familiaux...) qui depuis Urgences, on y revient, semble constituer le fondement de toute fiction scientifique.

De quoi aussi se détacher par moments de l’esthétique de l’efficacité à laquelle sont soumises la plupart des séries depuis dix ou quinze ans.

Alcofribas
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le 15 févr. 2026

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Alcofribas

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