Si l'on enlève les aspects biographiques et réalistes de cette haletante mini-série, on se retrouve avec une haletante mini-série au suspense quasi parfait. Le problème, ce sont justement ses aspects non avérés, spéculatifs ou carrément diffamatoires. IBM a-t-il poursuivi ou va-t-il poursuivre les producteurs pour diffamation? Libre à eux.. il y a peut-être matière. D'un autre côté, s'ils ne le font pas, cela signifie-t-il qu'ils savent qu'ils perdraient le procès parce que, justement, il n'y a peut-être pas diffamation?
Difficile à déterminer, comme pour beaucoup d'autres choses dans cette série au demeurant fort bien menée et portée d'une poigne de fer par son acteur principal Christian Cooke, impressionnant à tous points de vue.
Mais avec son scénario oscillant en permanence entre l'exposé de faits opaques et leur négation non-contractuelle, la révélation finale (IBM a triché tout en respectant les règles; ça, en France, on connaît bien, puisque c'est la définition du macronisme) fait pschitt et nous laisse sur notre faim.. de loup.
Bref, à voir quand même pour le montage impeccable de Jean-Baptiste Beaudoin et Xavier Sirven (et la musique intéressante de Grégoire Auger) et les acteur·ices qui se dépatouillent très bien de leurs rôles passablement forcés.
Bizarrement, ça m'a fait plaisir de revoir Aidan Quinn, disparu de mes écrans depuis une bonne trentaine d'années.
Quant à la question des IA, elle n'est ici qu'abordée et ne mérite pas plus d'attention; Deep Blue n'était pas un prototype d'IA, puisqu'elle ne reposait pas sur les principes de Deep Learning. De toute façon: #FuckAI.
Kasparov le vrai n'a perdu que 3 1/2 à 2 1/2 et il n'y a vraiment pas de quoi en faire un fromage; d'autant plus qu'il a ensuite gagné contre d'autres machines. Cette victoire-là a été montée en graine par une corporation tentaculaire, hégémonique, avide et cupide (désolé pour le triple pléonasme) et par des médias bornés, avides et stupides (désolé pour l'évidence); alors, les conséquences, hein, on s'en bat le steack! Le cinéma n'a pas détruit le théâtre, la télévision n'a pas détruit le cinéma et je n'ai pas remarqué que les machines aient détruit leur envie de jouer chez les êtres humains.
Arrêtons de crier au loup; il ne nous mangera que si nous l'emmerdons.