J'ai attendu un peu pour forger mon avis. Le noir et blanc est sublime, on vous l'a déjà dit avant. Les plans ne sont jamais inutiles, même les plans fixes qui ont tendance à énerver plein de critiques. Pour moi, il sont essentiels, il répondent à ma bible du cinéma: "Où placer la caméra ?" sorti en 2011 du cerveau de David Mamet (éditions de l'Arche) qui explique dans son intro que le plan fixe est la plus belle invention pour relier deux scènes sans perdre son temps et sans nous perdre dans un fouillis inutile. Premier point auquel j'adhère à fond.
Puis l'usage du noir et blanc. Comme le dit Jack-is-Back, il est sublime. J'avais rarement vu une utilisation aussi parfaite, avec des noirs jamais bouchés et des blancs aussi détaillés sur mon écran de télé. Un bon point pour le numérique qui me paraissait jusqu'à présent comme une tentative toujours loupée de plagier l'argentique et le directeur de la photo qui fait ces choix, Robert Elswit, a été récompensé aux oscars plusieurs fois, notamment pour There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, ou encore Magnolia, un bijou de style, et aussi Good night and good luck plus loin dans le passé.
Ces 2 caractéristiques qui ont du lasser plus d'un spectateur sont ce qui m'a le plus fait rêver. Comme chaque plan fixe, du moins la majorité d’entre-eux sont des compositions sublimes, je n'ai pas perdu une seconde à les détailler, les rapprochant spontanément aux 24x36 de Cartier-Bresson, une paille pour le commun des mortels, une poutre de mon point de vue.
L'histoire, je la connaissais déjà, après le bon Plein soleil de René Clément et le remake "Le Talentueux Mr Ripley" du britannique Anthony Minghella (qui m'a ennuyé) . Quand j'ai vu Plein soleil, j'étais jeune et j'ai du occulter plein de détails que j'ai maintenant envie de chercher et comparer les 2 versions. Entre temps, je dirais que nous sommes passé du film d'action, direct, sans fioritures dans la narration à ce film de 8 heures tout en nuances et respirations, nous faisant explorer les pensées de chaque acteur par le détail.