Un ovni au milieu des séries young adults de Netflix. Ripley est un polar lent, beau et intrigant qui prend son temps pour installer son récit sous le soleil de Capri, filmé dans un magnifique écrin noir et blanc. Inspirée de l’œuvre de Patricia Highsmith dont ont déjà été tirés les films Plein soleil et Le Talentueux Mr Ripley, la série creuse dans le détail la veine machiavélique du plan insensé de Tom Ripley.
Il faut certes digérer les 2/3 premiers épisodes et passer outre l’ennui poli qu’ils suscitent, mais une fois l’histoire vraiment lancée, Ripley s’avère hypnotisant, fascinant, aussi passionnant à suivre qu’exquis à regarder (la sophistication de sa mise en scène est délicieuse et le dernier chapitre à Venise est renversant de beauté). On se met à se demander comment il va bien pouvoir se sortir du piège qu’il a lui même tendu. C’est si addictif que je me suis même mis à binge-watcher les derniers épisodes!
Seul petit regret, s’il excelle dans ce rôle trouble emprunt d’ambiguïté et de cynisme, Andrew Scott n’a pas la puissance de séduction de Delon (qui pourrait?) ni du jeune Matt Damon qui l’ont précédé dans le rôle. Le reste du casting n’est pas non plus très marquant, c’est la toute petite limite de Ripley.
Je suis néanmoins très reconnaissant envers la personne qui m’a encouragé à laisser une chance à ce petit bijou.