2
5 critiques
pfff
En résumé, j'ai tenu 20 minutes... c'est en-dessous de tout...et ça parle pour ne rien dire.... et encore, et encore...Mais si vous voulez vous endormir tranquilou... alors, là je ne dis pas...
le 26 mars 2026
Depuis quelques années, Bill Lawrence est devenu un acteur clé de la Série TV US. Après un démarrage nerveux et provocateur avec Scrubs, le producteur / scénariste s’est peu à peu révélé comme le maître du « soap » de réconfort : sentimentales sans être vraiment naïves, attentives aux fragilités contemporaines et persuadées qu’il reste encore possible, au cœur de nos sociétés de plus en plus dures et égoïstes, de réparer quelque chose par l’écoute, l’empathie et la gentillesse, ses œuvres se sont imposées au grand public : il y a eu le triomphe de Ted Lasso – qui suggérait que la « simplicité » américaine, souvent moquée de ce côté de l’Atlantique, pouvait soigner le cynisme britannique – puis celui, plus discret – de Shrinking, une série plus mélancolique. Rooster s’inscrit clairement dans cette trajectoire, même si on peut être surpris que ce soit HBO, qui s’est établie au sommet comme la chaîne du malaise, de la violence psychologique et de la noirceur adulte, qui l’accueille.
Le point de départ de Rooster est typique du “Lawrenceverse” : Greg Russo, écrivain populaire de « romans de gare » incarné par le merveilleux Steve Carell, est embauché pour un trimestre comme professeur de littérature dans une prestigieuse université. Il doit naviguer entre le traumatisme de son divorce dont il ne se remet pas, une relation difficile avec sa fille qu’il adore, et la nécessité de « survivre » dans un environnement universitaire qui est devenu le théâtre miniature des fractures idéologiques américaines. Le campus de Rooster est en effet une version condensée de l’Amérique contemporaine : guerre culturelle permanente, hypersensibilité supposée des étudiants, bureaucratie académique absurde, masculinité en crise, impossibilité croissante du dialogue entre générations. Tout cela pourrait nourrir soit une satire féroce du wokisme, soit devenir un geste politique contre l’extrême droite trumpiste. Mais ces deux scénarios ne correspondent évidemment pas à l’ADN de Bill Lawrence…
Rooster est avant tout animée par un désir absolu de réconciliation. Son sujet est donc de trouver la manière pour des individus épuisés de coexister. Il ne s’agit pas de nier les fractures idéologiques, mais de ne jamais en faire un spectacle. Lawrence préfère les conversations maladroites, les silences embarrassés, les petits gestes d’attention : pour lui, la survie du lien humain passe avant tout par des micro-réparations, puisqu’il est impossible d’imaginer de grandes réconciliations politiques. En cela, Rooster est très proche de Ted Lasso – en plus « âgé », moins euphorique : on y reconnaît la même foi obstinée dans la bonté. Ce qui n’empêche pas de voir ici, comme dans Shrinking, le ressassement des blessures émotionnelles, la croyance dans les vertus thérapeutiques de la parole, et donc le mélange étonnant de comédie et de mélancolie.
Mais Rooster ne fonctionnerait pas sans Steve Carell : tout repose ici sur son visage, son rythme, sa manière de transformer chaque scène en hésitation permanente entre humour et tristesse, et… la merveilleuse lumière qu’il dégage dans certaines scènes ! Le personnage de Greg Russo pourrait n’être qu’une nouvelle variation du mâle blanc quadragénaire ou quinquagénaire en crise, déjà beaucoup trop vu au cinéma ou dans les séries TV. Mais Carell lui apporte quelque chose de beaucoup plus fragile : une fatigue diffuse, une douceur embarrassée, une impression constante de décalage avec le monde de 2026.
Rooster n’est pas une simple série « feel good ». La gentillesse n’est jamais présentée ici comme une solution magique ou une posture morale supérieure. Elle requiert un effort permanent, souvent maladroit, parfois insuffisant, mais nécessaire. La question que nous pose Rooster (pas seulement aux Américains, mais à nous tous, vivants dans un monde saturé de conflits) est « comment continuer à être décent quand tout pousse à devenir cynique ? »
La réponse de Rooster est que la gentillesse est peut-être la meilleure manière de résister.
[Critique écrite en 2026]
https://www.benzinemag.net/2026/05/20/hbo-rooster-de-bill-lawrence/
Créée
le 23 mai 2026
Critique lue 53 fois
2
5 critiques
En résumé, j'ai tenu 20 minutes... c'est en-dessous de tout...et ça parle pour ne rien dire.... et encore, et encore...Mais si vous voulez vous endormir tranquilou... alors, là je ne dis pas...
le 26 mars 2026
7
1119 critiques
Habitué aux rôles d’idiots, de naïfs ou de mâles problématiques, Steve Carell incarne dans Rooster l’un des personnages les plus « normaux » de sa filmographie, et c’est tout aussi réussi. Servie par...
il y a 3 jours
8
1270 critiques
La critique complète : https://marvelll.fr/critique-rooster-saison-1/
le 12 mai 2026
9
6860 critiques
Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...
le 15 sept. 2020
7
6860 critiques
Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...
le 29 nov. 2019
5
6860 critiques
Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...
le 15 janv. 2020
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème