Bon voilà, si tu as la référence (sinon je te laisse chercher), mon titre est un contre-pied aux 4 Fantastiques et il a pour but d'être cinglant. The Asylum est le studio légendaire pour ses mockbusters fauchés comme Sharknado ou Transmorphers, et là on n'est pas loin du genre. Si tu me suis, tu sais ce que veut dire ma note. Pour les autres, 2 signifie que j'ai lâché l'affaire en cours de route, que j'ai sauté du bus en marche. J'ai quand même poussé le vice (ou le masochisme, ou les deux) à regarder jusqu'à la moitié du drama. Je ne sais pas si le webcomic est aussi mauvais et je ne veux pas le savoir, je ne juge que cette adaptation nullissime d'OCN. Le spécialiste coréen du genre policier et thriller est peu présent sur les plateformes de streaming, mais si c'est pour nous délivrer ce type-là, je dis non merci, on s'en passera. C'est une contre-publicité parfaite au drama coréen si un novice débarque par contre. Quel gâchis, il y avait tellement mieux à faire !
Rugal suit l'histoire d'un ancien inspecteur qui enquêtait sur l'organisation ARGOS qui dissimule des activités criminelles. En gros, c'est le Chaebol du crime. Agressé chez lui, sa femme est tuée et lui est laissé pour mort après qu'on lui a énucléé sauvagement les yeux. Kang Ki-Beom(Choi Jin-Hyuk) est alors recruté par une agence gouvernementale secrète appelée Rugal et dont les agents ont subi des greffes cybernétiques. Ainsi, le chef de groupe Han Tae-Woong dispose d'un bras bionique, Song Mi-Na a une puce dans le cerveau qui décuple ses réflexes, et Lee Gwang-Cheol a des organes qui le maintiennent en vie ainsi que la structure de sa peau artificielle. Ces quatre policiers disposent aussi de facultés d'adaptation et de récupération supérieures à la normale. Leur but est de faire tomber définitivement ARGOS et leur nouveau chef, le psychopathe Hwang Deuk-Gu(Park Sung-Woong), qui cherche aussi à disposer d'hommes modifiés.
Commençons par le nom du drama : Rugal. Personne ne me fera croire que l'auteur du webcomic ne savait pas que Rugal Bernstein était un personnage central du jeu de combat japonais The King of Fighters, un chef du crime qui fut cybernétisé suite à des blessures (tiens, comme c'est bizarre). Passons cette anecdote et analysons la série. Premièrement, c'est un vrai supplice à suivre, puisque le scénario et la mise en scène sont complètement à la ramasse. Et les personnages sont très mal écrits, les acteurs étant la plupart du temps en roue libre. Il n'y a absolument aucune logique et cohérence dans leurs faits et gestes. Ça parle quand ça devrait agir et ça agit quand il faudrait parler, à se demander si un script a vraiment été rédigé pour le drama. C'est du 100 % action, mais 100 % action ne veut pas dire 100 % stupide. Nos quatre guignols ont plus l'air d'abrutis de service que de personnes réfléchies, ils font souvent n'importe quoi. Cette série rappelle The Six Million Dollar Man (ou L'Homme qui valait trois milliards) ou The Bionic Woman (Super Jaimie) des années 70. Mais au moins, à l'époque, c'était bien fait ! Ici, l'écriture a dû être confiée à un stagiaire, ce n'est pas possible autrement.
Les situations improbables se succèdent à des situations ubuesques plus débiles les unes que les autres. Mais le pire, c'est que ça n'avance pas ! Le budget a l'air conséquent pour OCN, mais je n'ai jamais vu un truc aussi nul ; même les suites de Voice sont mieux faites, c'est pour dire l'ampleur du désastre. On n'est clairement pas à la hauteur de ses ambitions. Par moments, ça fait cheap, ce n'est pas normal. Ce qui caractérise Rugal tourne autour de trois concepts : un scénario passoire où plus c'est gros, plus ça passe. Ne cherchez donc pas la moindre logique, il n'y en a pas. Ni de rebondissements ou de suspense non plus. Ensuite, la mise en scène et la réalisation sont à la ramasse totale. Même les chorégraphies de combat sont à mourir de rire avec les bruitages moisis et les déplacements à la Matrix du pauvre. On dirait qu'on est dans un anime live-action, c'est vraiment pathétique. Et puis tous les protagonistes n'ont pas des réactions normales et surjouent constamment, c'est tellement affligeant qu'on est gêné pour eux. Et pour terminer, Rugal, c'est le festival des faux raccords, digne de passer dans Faux Raccord d'AlloCiné.
OCN nous a habitués à du qualitatif, avec des polars noirs et intenses comme Voice, Tunnel (Choi Jin-Hyuk était déjà là), Bad Guys, etc. Mais ici, l'intrigue est tellement mauvaise que ça en devient presque une parodie de films d'action au rabais, genre à faire passer Fortress (1992) pour un chef-d'œuvre, ainsi que certaines séries moisies qui sont passées sur SYFY. Dans Rugal, on récupère de blessures mortelles en 1 h, on se fait opérer sans anesthésie, on fait des poursuites en bagnole ou des enlèvements sur autoroute urbaine de nuit sans véhicules annexes ou presque, et qui roulent à 30 km/h. On réutilise les mêmes figurants (peu nombreux) d'une séquence à l'autre en leur faisant faire n'importe quoi. Le danger et la peur sont censés être au cœur des émotions, mais la première chose qui te vient à l'esprit, c'est de savoir quand le massacre visuel va se terminer. Les dialogues sont tellement surréalistes que t'as l'impression de voir des films de fin de carrière de Bruce Willis, Nicolas Cage ou Christophe Lambert. En fait, il n'y a absolument rien de coréen dans cette série de science-fiction. Je ne savais pas non plus que les flingues étaient si faciles à se procurer en Corée du Sud.
Les personnages féminins sont aussi mal écrits: soit ce sont les connes de service, soit des fragiles. Même la femme de la team est priée de se placer sous la protection des deux mâles alphas. Quant à la soi-disant codirigeante d'ARGOS, c'est juste une vaste fumisterie, elle ne sert strictement à rien. Dans cet océan de médiocrité qui manque d'impact et de réalisme, les pauvres Choi Jin-Hyuk et Park Sung-Woong(parfait pour le rôle en plus) font ce qu'ils peuvent, quitte à passer pour des caricatures. C'est du grand n'importe quoi, j'ai eu de la peine pour ces deux grands acteurs. L'esthétique cyberpunk est complètement loupée et la tension est inexistante. Pour faire simple, on s'emmerde parce que c'est répétitif et saoulant. On a l'impression de regarder des gens réciter un texte pourri au lieu d'être impliqués par ce qu'ils font. Avec un concept de "super-soldats" bioniques, il y avait matière à faire un John Wick ou un Steve Austin coréen version SF. Au lieu de cela, nous avons eu droit à une démonstration d'incompétence technique doublée d'un scénario qui tient sur une feuille de PQ. Bref, ce drama est une honte pour les amateurs de SF et d'action.
Main Theme: Han Seung-hee - Never Cry
Additionnel OST: KLAZY - Eyes of Others