Qu’une procureur de justice Anne Dupraz (Sophie Broustal) soit accusée du meurtre d’un proxénète notoire n’est pas banal. Pourtant, c’est le cas de cette mini-série suisse en six épisodes admirablement servis par tous les acteurs. Le scénario mise sur le portrait d’une femme traversant plusieurs vies : - celle d’une liaison toxique qui la trompe sur toute la ligne, un premier amour qui lui fait miroiter un rôle dans le cinéma qu’elle n’obtiendra pas, sauf que le bien-aimé est un souteneur de la pire espèce à vous couper le souffle, un engrenage infernal – celle qui s’est reconstruit en dépit de ses blessures secrètes dans le droit en devenant procureur ce qui l’amène à re-croiser, plus de vingt ans après, le bien-aimé restaurateur mafieux avec son contingent de prostituées des pays de l’Est – celle de la mère de famille qui souhaiter préserver sa fille de son passé inavouable et trop lourd à porter. Une créature percluse de remords, un trauma sur sa conscience que cette série développe à merveille.