Avec toute la sincérité possible, j’ai voulu y croire.
Le pitch me parlait.
Simple et efficace, comme je l'aime!
Un ancien tueur d’élite devenu patron d’un petit combiné familial, qui attire malgré lui des emmerdes en série, ça avait de quoi piquer ma curiosité. Et à vrai dire, j’aimais bien l’idée d’un héros fatigué, repenti, charismatique malgré lui. Il y avait quelque chose à en faire.
Le manga m’avait déjà tapé dans l’œil, visuellement du moins. on sentait une vraie maîtrise dans certaines doubles pages, des idées de cadrage très dynamiques, un sens du rythme dans l’action qu’on aimerait retrouver plus souvent.
Au fond, je pense aussi que ça avait une petite vibe à mon coup de coeur ultime Gintama.
Mais une fois l’anime lancé, les dés sont tombés très vite. Onze épisodes. Et je pense que je ne continuerai pas.
Tout est là, noir sur blanc, en quelques minutes à peine.
Les persos sont clichés, les dialogues plats, les tentatives d’humour tombent systématiquement à côté, et le rythme est cassé toutes les cinq minutes par des parenthèses "humoristiques" inutiles, comme si on avait peur d’assumer une vraie tension. (Comme pour Demon Slayer)
Le genre de séries où tu vois les ficelles dès le premier quart d’épisode.
Un ennemi surgit? une baston stylisée, une révélation sur le passé ou un pouvoir, et hop, on passe au suivant. C’est fade. Prévisible. Et franchement poussif.
Le plus triste, c’est que je comprends pourquoi ça peut marcher.
Pour un ado qui n’a pas encore trop roulé sa bosse dans l’univers du manga ou de l’animation japonaise, c’est simple, efficace, coloré, et y’a des punchs. Mais si t’as déjà un poil plus de références, alors tout sent le réchauffé. Ce n’est pas juste que c’est déjà vu, c’est que c’est mal digéré. On coche les cases du cahier des charges sans jamais rien proposer de personnel, d’unique, de touchant.
Et puis faut qu’on parle du chara-design. Le plus gros défaut de l'oeuvre à mes yeux.
Franchement, j’en reviens toujours pas.
C’est pas que c’est moche, c’est que c’est pauvre. J’ai l’impression qu’on a ouvert un cahier de croquis d’un collégien fan de shonen et qu’on a dit "OK, c’est bon, c’est validé". Le gars cool ? Mets-lui une balafre. Celui qui cache un lourd passé ? Donne-lui des lunettes. Un muet rigolo ? Facile, on le fait mimer. Rien ne dépasse. Aucun ne dégage une vraie identité. Ça sent l’économie d’effort, la formule industrielle, et ça me frustre profondément.
Parce que, encore une fois, l’idée de départ aurait pu fonctionner. Mais même cette idée est noyée sous une tonne de scènes absurdes, d’humour gênant, de bastons au ralenti pour avoir l'air cool, et d’une narration aussi plate qu’un scénario de filler. Et pourtant, je suis bon public quand il s’agit de baston stylisée. Mais ici, je n’ai ressenti aucun impact, aucun attachement. Juste de l’ennui.
Je pense que le vrai drame de Sakamoto Days, c’est qu’il n’a rien à dire. On le sent, ça ne cherche jamais à gratter plus loin que la surface. Et cette absence totale d’ambition, d’angle ou même simplement de ton propre, ça rend le tout oubliable. Un produit vite vu, vite jeté. Et je suis un peu triste de dire ça, parce que j’aime le genre, j’aime les projets qui tentent de prendre un virage inattendu. Mais là, rien.
On a voulu se repentir pour l'amour et on va inspirer les plus jeunes à faire comme nous. Aimer les choses simples de la vie... Hm, certes... C'est un miracle de faire toute une série qui va te montrer des combats stylés, pour finir avec ce genre de morale.
Parce qu'évidement que c'est dix fois plus cool de faire des triples saltos, casser des murs à coups de poings et arrêter une balle avec les mains. C'est pas cette petite morale qui va venir comme un cheveux sur la soupe, à chaque fois, qui va finir par nous faire avaler la pilule.
Alors voilà. Peut-être que je suis trop vieux pour ça. Peut-être que j’en ai trop vu. Ou peut-être que ce n’est tout simplement pas une bonne série, même pour ce qu’elle prétend être. Les seules choses que j’ai trouvées réussies sont… dans le manga. Pas ici.