"Tu devrais regarder Samuel, ça te plairait !" m'a lancé un très bon ami un après-midi d’avril.
Comment expliquer que cette phrase allait provoquer en moi le plus grand moment de nostalgie de ma vie ? Ce sentiment si contrasté, qui fait autant de bien que de mal. Cette douce douleur, ce bonheur d’avoir vécu une époque, mêlé à la tristesse de ne plus jamais pouvoir la revivre.
À chaque épisode de Samuel, c’était ça. À chaque revisionnage (y compris celui que je fais en écrivant cette critique).
Déjà, la réalisatrice (Émile Tronche, qui a presque mon âge) a choisi de raconter la vie d’un jeune collégien de banlieue d’une grande ville, à la fin des années 2000 – début 2010. Une petite série animée qui, pour la première fois, raconte exactement ma vie d’il y a quinze ans.
Quand on a 10 ans, on est un peu amoureux, et on danse intérieurement quand la fille dont on est amoureux nous parle ou nous propose une activité, comme Samuel avec Julie. On a aussi un pire ennemi – Dimitri dans la série. Moi, c’était Yohann Roy (qui a viré à l’extrême droite d’ailleurs… je ne m’étais donc pas trompé sur son compte, hihi).
On a tous eu un plat qu’on détestait. Un mec plus grand qui nous crachait dessus. Un été chez les grands-parents où on s’ennuyait. Un jour de neige qui annulait l’école. Une fête de village, des cousins qu'on admirait, un cours de techno où on fabriquait des trucs inutiles...
Et pour chacun de ces instants, la réalisatrice fait preuve d’une imagination folle, tant dans la narration que dans l’animation, avec un style aux petits oignons et des choix musicaux toujours parfaits.
Tout au long de la série, on grandit avec Samuel. On le voit se laisser pousser les cheveux, évoluer, finir avec la bonne personne, bref
Mes meilleurs moments de la série :
- "Ils ont des maladies."
- Le décompte dans la piscine avec Myth de Beach House en fond
- Dimitri qui chante
- La tache de moustique qui se transforme en Bérénice.
- La fête de village.
- Tout l’épisode Clair de Lune, où Samuel comprend que la grande Julie était amoureuse de lui.
- La chanson finale sur le temps.
Car finalement, c’est ça, la conclusion de ce que la série a fait sur moi.
Le temps passe. On n’y peut rien. Il nous fait grandir. Je le fuis en remplissant mes journées, en les meublant parfois n’importe comment. Mais il file malgré tout, indifférent à mes tentatives de le ralentir. Et parfois, devant une série comme Samuel, il me rattrape d’un coup, me rappelle ce qui a été, ce qui ne sera plus, et me laisse avec cette douce et cruelle sensation de nostalgie.
Mais il ne s’écoulera jamais de la même manière qu’il y a 15 ans. Ni qu’il y a 10 ans. Ni qu’il le fera dans 20 ans.
"Le temps, qui marque la danse, chaque pas chaque chance, et m'emmène avec lui. Le temps...., de tempête tremblante, de nuit de réjouissance, et de rêves d'été. Je profite de cette chanson, juste le temps d'un instant. Je profite de cette chanson, et demain je m'en irais, ou m'emporte le vent"