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La série Samuel est une œuvre d’animation en vingt-et-un épisodes, écrite et réalisée par Émilie Tronche.
Samuel a dix ans. Pour son anniversaire, on lui offre un simple cahier — un objet anodin en apparence — qui deviendra son refuge : il y consigne ses pensées, ses élans, ses maladresses. Ce journal intime devient la chambre secrète de son enfance, le lieu discret où se déposent ses peurs et ses émerveillements.
À travers lui, l’autrice évoque le passage délicat de l’enfance à l’adolescence dans les années 2000. Samuel grandit entouré de figures familières : Corentin, l’ami fidèle ; Dimitri, l’ennemi déclaré ; la grande Julie, qui fait battre son cœur d’un amour encore tremblant ; et Bérénice, dont les taquineries l’embarrassent autant qu’elles le troublent. Toute une géographie sentimentale se dessine ainsi, faite de loyautés fragiles, de rivalités minuscules et de premiers émois.
La série se distingue par une animation d’une apparente naïveté, presque fragile, qui contraste avec la profondeur du propos. Loin des visions tapageuses ou exclusivement comiques que proposent certaines bandes dessinées ou productions animées destinées à la jeunesse, Samuel adopte une tonalité résolument mélancolique. Le choix du noir et blanc accentue cette impression : il installe une douceur feutrée, une distance pudique, comme un souvenir que l’on feuillette avec précaution.
Mais Samuel n’est pas une simple succession de saynètes. C’est une véritable série, construite avec exigence. Chaque épisode fait progresser l’intrigue et affine les personnages. Sous nos yeux, Samuel et ses amis évoluent, trébuchent, apprennent — et c’est peut-être là que réside la plus grande réussite de l’œuvre : dans cette justesse du temps qui passe.
La bande originale, composée de titres soigneusement choisis, agit comme un écho intime. Chaque morceau réveille une mémoire collective, des souvenirs qui semblent presque les nôtres, comme si la fiction dialoguait secrètement avec notre propre passé.
« État de grâce » est sans doute l’expression qui définit le mieux cette série délicate et sincère. Elle rappelle que la télévision peut encore surprendre, émouvoir et toucher juste. Et il n’est guère étonnant que ce soit Arte qui en soit à l’origine.