La vie est assez vache. Alors qu'Akira Toriyama vient de nous quitter, une nouvelle série adaptée de son oeuvre était en cours de diffusion, dans le but de relancer une franchise du maitre QUI NE SOIT PAS Dragon Ball. Et évidemment, c'est lorsqu'elle est diffusée et qu'on aurait adoré que ça aille plus loin que l'auteur disparaît.
Après, le projet Sand Land n'est pas facile à comprendre : En parallèle d'une sortie en jeu vidéo, la série animé disponible sur Disney+ n'est que le redécoupage en six épisodes d'un long métrage sortie en Août 2023 auquel a été ajouté une deuxième partie en sept épisodes, donnant lieu à une série en 13 épisodes.
Bon, pointons directement du doigt le truc qui rebute les gens : c'est animé par ordinateur et ça se voit. Toute la série baigne dans une animation shell-shading rappelle les grands moments de la Gamecube et donne à l'oeuvre un aspect assez "visual novel". Mais en fait, c'est assez propre et une fois cette surprise passée, j'avoue que je n'y ai plus vraiment fait attention dans les dernier épisode.
Pour le reste, ça montre quand même à quel point Toriyama était un bon raconteur d'histoire. Dès le pilote de Sand Land les personnages sont posées, et ils sont tous sympathique dans leur bizarrerie : le démon Belzebuth qui agit comme un ado en quête d'aventure, son sous-fifre est un vieux bougon tandis que Lao occupe la place du "vieux monsieur badass." L'univers possède un vrai lore original, les rebondissements sont bien construit, il y a un véritable background (notamment tout le passé de Lao) et les personnages secondaires, même très stupide (les swimmers) sont vite attachants.
La deuxième partie semble être inédite par rapport au manga et pourtant elle s'intègre très bien avec l'univers du premier et c'est vraiment fou de se dire qu'elle a été écrite plus de 20 ans après tant ça colle vraiment bien. Elle y aborde un autre royaume (Forest Land) et rajoute de nouveaux personnages au lore de la série, notamment une princesse à moitié démone (et complètement rasta) et un ange teigneux.
Après on y voit quelques tics de Toriyama avec des chara-design qui rappellent ce qu'il a fait par le passé (Satan c'est clairement Dabra dans une autre dimension) ainsi que des détails à droite et à gauche qui ont été réutilisés (les gourdes qui emprisonnent les démons c'est grosso-modo le "Mafuba" de Dragon Ball.) Mais c'est toujours agréable de retrouver la rondeur de son trait (et son amour pour les véhicules.)
Bref, on a l'impression que la série pourrait continuer sur d'autres cours avec cet univers... mais hélas, c'est trop tard. Ceci dit, si vous cherchez une porte d'entrée à l'art de Toriyama sans devoir vous fader des vieux épisodes de Docteur Slump ou de Dragon Ball, Sand Land, c'est parfait.