Ah ces bonnes vieilles séries Marvel Studio ! Même si certaines d'entre elles lorgnent du côté de l'excellence avec en tête de liste Hawkeye et Moon Knight, suivi par du sympathique comme Loki, puis du passable comme Miss Marvel ou WandaVision puis à plus grande dose de la bonne vieille trace de freinage au fond des chiottes, c'est-à-dire What If, Le vrai con et le soldat du PTSD et FINALEMENT ce chef-d'œuvre qu'est She Hulk (c'était tellement brillant que j'ai pas eu le courage d'écrire dessus).
Et vlà dit pas que Disney essaye de me faire croire à un sauvetage avec un concept qui m'inspire pas et qui n'a surtout pas sa place dans le MCU dans sa forme actuelle : une invasion de Bouffons Verts, fruits du passé foireux du légendaire Nick Fury. Mais grande surprise, c'est plutôt sympa ce Secret Invasion.
Alors attention, tout n'est pas rose ici. Le concept d'une invasion menée par des métamorphes est en lui-même très mal utilisé, la paranoïa ne parvenant jamais à décoller puisque la série ne semble vouloir surprendre personne. Ce sont finalement quelques visages familiers du MCU qui se retrouvent pris dans le piège du fameux "qui est qui", ce qui fait effet de pet dans l'eau quand les personnages clament : "On est foutu ! Ces E.T. ingrats sont partout !". Hé ben pas vraiment en fait, imbéciles !
Mais je crois que c'est finalement dans l'exécution que toute cette invasion secrète tient debout. Caché derrière la caméra de tous les épisodes, Ali Selim pond du thriller d'action standard mais bien supérieur à ce à quoi l'on pourrait s'attendre. On n'a ici pas affaire à une aventure super-héroïque avec tenues en lycra. Non là c'est du Jason Bourne : ça élimine des personnages importants, ça flingue et torture à tout va, ça manipule sournoisement et surtout c'est bien crasseux. Quel pur bonheur de voir des affrontements sales où une balle peut décorer à elle seule un mur et où une solide chorégraphie fait voler les figurants au travers de murs. Merde quoi, le méchant fait littéralement péter une place publique envahie par la foule à la fin du premier épisode ! C'est presque à faire rougir Iron Man 3. Tiens d'ailleurs, en parlant de celui-là, belle surprise de voir le personnage du Super Skrull adaptée dans ce thriller en utilisant les pouvoirs de personnages passés. On en vient en toute logique au méchant Gravik qui est à mes yeux le protagoniste le plus intéressant de la série, badasse, réfléchi et surtout dégueulasse de cruauté. On pourra pas en dire de même de ce cher Nick qui est ici en pilote automatique, devenant spectateur de son propre show. Le pauvre Samuel L. Jackson devait probablement bien s'emmerder et surtout se les geler sur le tournage puisqu'il retire son bonnet seulement 2 fois dans les 6 heures d'épisodes. Emilia Clarke sait pas trop ce qu'elle fout là, Olivia Colman s'amuse à jouer la pétasse british et Ben Mendelsohn montre ENFIN ce qu'il a sous le capot (faudrait peut-être juste veiller à consulter un médecin de la gorge, Ben, parce que la voix ça devient bientôt aussi rauque qu'un cri de corbeau).
D'excellentes scènes d'actions, un ton plus sombre, quelques personnages intéressants et une intrigue efficace qui tient bien la route, on est pas loin de ce que Marvel a proposé de meilleur sur Disney+. Mais comme à chaque fois, on regrettera la simplicité du projet, le ratage d'opportunités (principalement après ce que les 10 dernières minutes nous montrent et qu'on aurait bien voulu voir avant) et surtout le final moche où CGI douteux croisent le fer avec conclusion précipitée.
Moi en tout cas ça me donne bien faim cette invasion de brocolis. J'en reprendrais bien une portion... si personne ne prend ma place d'ici là `:(