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SuivreUne volonté inébranlable
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Nous voici plongés dans l’atmosphère de Hong Kong. Celui de 1993, quatre ans avant la rétrocession de 1997.
Comme dans le drama coréen Tunnel, auquel la série est souvent comparée, le policier Yang Guangyao se retrouve brutalement propulsé vingt-cinq ans plus tard, dans le Hong Kong de 2018. Mais si le dispositif est familier, See Her Again l’utilise surtout pour parler des conséquences de nos actes et, finalement, du temps perdu.
Car 2018 n’est pas seulement le futur de 1993. Il en porte les traces. Yang Guangyao découvre une ville transformée, mais aussi ce que sont devenues les personnes qu’il a laissées derrière lui. Lui seul est resté physiquement intact quand, pour les autres, vingt-cinq années se sont écoulées.
C’est là que la construction du scénario devient particulièrement intéressante. Sur fond de spéculation immobilière, de triades et de vieux immeubles hongkongais, l’enquête ressemble à une pelote dont Yang Guangyao ne possédait en 1993 que quelques fils. En 2018, il en découvre progressivement les ramifications et surtout les conséquences. Des événements et des destins que l’on croyait indépendants finissent peu à peu par se rejoindre. J’ai particulièrement aimé la façon dont les policiers eux-mêmes trouvent progressivement leur place dans cette toile. Et certaines révélations parviennent réellement à surprendre tout en trouvant leur place dans cette boucle temporelle.
L’incendie au cœur de l’intrigue n’est pas tiré d’un fait divers réel, mais il inscrit l’histoire dans un Hong Kong en pleine transformation, où la pression immobilière offre une toile de fond particulièrement crédible.
Mais derrière l’enquête se dessine aussi quelque chose de plus intime. Yang Guangyao découvre ce que son absence a produit sur ceux qu’il aimait et doit composer avec des liens qui ont continué à se construire sans lui. J’ai particulièrement aimé la relation qu’il noue avec sa fille. La série trouve alors une émotion simple et juste, précisément parce qu’elle n’a pas besoin d’en rajouter. Et pourtant, elle en rajoute.
C’est probablement ma principale réserve. See Her Again accumule parfois le pathos alors que son histoire en contient déjà naturellement suffisamment. Le temps perdu, les liens familiaux, les regrets et cette étrange confrontation entre ce qui a été et ce qui aurait pu être suffisent largement à provoquer l’émotion. Pourtant, particulièrement dans sa dernière partie, la série éprouve encore le besoin d’appuyer là où cela fait mal. Certains événements semblent alors moins nécessaires à l’intrigue qu’à la volonté de nous arracher encore quelques larmes. C’était inutile : j’étais déjà touchée.
J’ai également beaucoup aimé l’atmosphère de la partie située en 1993. Les dédales de rues de Hong Kong, les vieux immeubles, les méthodes parfois rugueuses de la police et la présence des triades lui donnent une couleur très années 90. Le cantonais, avec sa sonorité et son rythme particuliers, renforce encore l’atmosphère hongkongaise.
William Chan est très à l’aise dans les scènes d’action, mais c’est surtout son charisme et sa présence à l’écran qui lui permettent de s’imposer naturellement dans le rôle de Yang Guangyao, ce policier déterminé et assez rugueux.
See Her Again n’oublie jamais d’être un thriller. L’enquête avance à un bon rythme et les scènes d’action sont efficaces et bien menées. Poursuites, affrontements et investigations s’intègrent naturellement au récit sans donner l’impression d’être là simplement pour relancer artificiellement l’attention.
Cela ne m’a pourtant pas empêchée de vraiment apprécier See Her Again. Derrière son enquête policière plutôt bien faite et ses scènes d’action réussies, c’est surtout sa construction qui m’a convaincue : cette façon de relier les personnages, les époques et les événements jusqu’à faire de 2018 non pas simplement le futur de 1993, mais sa conséquence.
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il y a 3 jours
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