Shopaholic Louis
6.8
Shopaholic Louis

Drama MBC (2016)

Avant de dire pourquoi j'ai regardé jusqu'au bout (en accéléré à partir de l'épisode 10 je ne suis pas fou non plus), c'est pour relever le challenge de ma liste participative Choisis ton K-drama (j'ai mal à mon drama)


Quand j'ai commencé à regarder ce drama, j'ai cru à une vaste blague. Plus d'une décennie plus tard, on a l'impression de débarquer d'un autre monde, celui des Bisounours ou des simples d'esprit. Ici, on a dépassé le stade de la guimauve ; on est au-delà de l'univers de My Little Pony tellement c'est pitoyable. On est dans le multivers, une dimension parallèle où le temps s'est figé. Ça sent la naphtaline à plein nez. C'est souvent condescendant, niais, enfantin, bourré de clichés et de raccourcis; mais en réalité, c'est surtout très con parce que totalement absurde. Passé l'emballage, j'ai rapidement ressenti un malaise. C'est assez malsain et gênant si on y réfléchit bien, surtout au début. J'ai pensé à plusieurs reprises que les scénaristes devaient avoir fumé de la bonne pour avoir pondu un tel navet et en être fiers. C'est un véritable torrent d'inepties qui se déverse sur nous. Il est hallucinant de voir autant de mièvrerie à la seconde. À ne pas mettre entre les mains d'adultes puisque, au final, c'est destiné à des collégiens. Ce monde est merveilleux !


Le pitch (ou le cauchemar social)

Louis / Kang Ji-Sung(Seo In-Guk) est le petit-fils gâté pourri d'une famille chaebol, dont les parents sont morts. Il vit dans un manoir en France avec sa mamie gâteau qui le couve comme une mère poule. La vie est dure pour lui car il passe ses journées à dépenser son fric en achetant tout et n'importe quoi sur le net. Alors, il est très gentil (ouf !), mais son métier, c'est l'oisiveté. Tout le monde le sert comme un prince. Il a beaucoup voyagé sous l'identité de Louis et son seul intérêt reste le shopping. De passage à Séoul, un accident le laisse amnésique. Il va alors faire la connaissance de Go Bok-Sil(Nam Ji-Hyun), une ravissante gueuse tout droit sortie du fin fond de la montagne après la mort de sa grand-mère. Elle vivait sans eau courante, sans électricité et sans smartphone (mais oui, bien sûr !). Elle est à la recherche de son jeune frère qui traîne avec de la racaille. La pauvre fille est d'une gentillesse maladive et son altruisme va la pousser instinctivement à aider notre bon Louis, qui va s'avérer être un sacré profiteur. Mais comme nous sommes au pays des merveilles, l'amour rôde, et Cupidon qui était tombé en panne d'essence va encore frapper. Nous v'là bien!


Bon, on va vite évacuer ce qui est bien, vu que c'est assez léger. Seo In-Guk joue parfaitement ce guignol immature et déconnecté de la réalité, et Nam Ji-Hyun endosse le rôle de la gentille idiote avec brio. Yoon Sang-Hyun semble être un clone de Lee Jung-Jae dans Nice to Not Meet You : il partage avec lui ce profil de quinquagénaire attiré par les gamines, s'habillant davantage chez le cirque Bouglione que chez Chanel. Mais il y a surtout la sublime Lim Se-Mi, dont le charme et la beauté ont encore agi sur moi comme un électro-aimant. Il y a deux ou trois blagues qui passent et quelques séquences qui font sourire, mais sur 16 épisodes, c'est peu. Le seul antagoniste est aussi méchant que Rantanplan quand il montre les crocs. Enfin, l'ensemble dégouline forcément de bons sentiments : il n'y a jamais de gros problèmes, la vie est belle. Bref, nous sommes entourés de personnages "adultes-enfants", les héros en tête. On est plus proche du conte de fées absurde que de la fiction réaliste ; ne cherchez aucune crédibilité, tout sonne faux. L'overdose de sucre arrive trop vite et devient lassante.


Le scénario est prévisible et devient ennuyeux très rapidement parce qu'il ne raconte rien. On aurait pu boucler l'histoire en 10 épisodes, mais cahier des charges à l'ancienne oblige, il faut en meubler 6 de plus (prévoir de la vitamine C). Ce qu'il faut retenir, c'est l'infantilisation outrancière des personnages. Cela pouvait encore passer à l'époque, mais plus aujourd'hui. Shopaholic Louis a très mal vieilli, c'est un constat sans appel. L'humour "prout-prout", les bruitages de cartoon, les ralentis sur des chutes débiles et les expressions faciales outrées sont les vestiges d'une forme de drama disparue. La réalisation est "low cost" et visuellement plate. On se croirait dans un vieux soap opera. C'est "so cute", mais surtout très con. Louis apparaît d'abord comme un parasite toxique qui profite de la crédulité de Bok-Shil : elle s'échine au travail pour entretenir monsieur qui se la coule douce et dépense de l'argent qu'il n'a pas gagné. C'est la complaisance face à l'incompétence. L'écriture est mauvaise, notamment dans son mépris social affligeant : on nous fait croire que la pauvreté, c'est "cool" et qu'on s'en accommode très bien.


Si on juge cette série sur des critères de psychologie humaine et de cohérence sociale, c'est un zéro pointé. Pas la peine de débrancher son cerveau : il faut venir sans. Le romantisme est d'un niveau collège (même un vieux Disney est un niveau au-dessus). À côté, Sh**ting Stars passe pour une série intellectuelle. On retrouve le triangle amoureux classique, mais cette fois-ci, c'est le "vieux" contre le "jeune". Les incohérences pullulent (notamment le frère qu'on croit mort, mais en fait non: d'ailleurs, pourquoi ne s'est-il jamais manifesté pour rassurer sa sœur ?). La direction d'acteurs est catastrophique, les protagonistes étant la plupart du temps en roue libre. Ne cherchez pas la moindre dignité chez eux, ils l'ont laissée au vestiaire. C'est frustrant de voir de bons acteurs s'égarer dans un tel navet. Alors d'accord, je ne suis pas le public visé, mais un peu de respect quand même ! Passé l'amourette, le drama valide l'idée qu'un riche (même amnésique) a des besoins supérieurs et que la classe ouvrière doit se sacrifier pour maintenir son standing. C'est presque une apologie de la servitude volontaire.


Pour conclure, ici les pauvres côtoient les riches avec fluidité, le travail est une option et tout se résout par enchantement. Dans Shopaholic Louis, "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Les problèmes s'évaporent par coup de baguette magique ou Deus Ex Machina. Entre les situations ubuesques et les explications capillotractées (Bok-Sil n'a jamais vu la mer alors qu'elle habite à 30 bornes ? Personne ne reconnaît Louis ? Un mariage entre cousins germains ?), il faudrait trois pages de plus. Le scénario se prend les pieds dans le tapis, se contredit et se raccroche aux branches comme il peut. Cette série est une visite en Absurdistan et une insulte au bon sens. C'est tellement soporifique et "cucul la praline" qu'on se demande si l'équipe ne tournait pas à d'autres substances. Le drama s'adresse à des adolescentes de 10 à 15 ans, et encore, ce serait leur faire offense. J'aurais pu mettre 4 pour Lim Se-Mi car je suis un homme faible, mais non la logique doit passer avant les sentiments. Gentillet durant 3 ou 4 épisodes, mais après ce n'est plus possible de regarder autant de stupidités.


Main Theme: MONSTA X - The Tigrit Moth

Additionnel OST: SunBee - Hell

Kim-Kaphwan
3
Écrit par

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Créée

le 9 mai 2026

Critique lue 36 fois

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11

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