• SAISON 3 (5/10)

[Critique du 24 septembre 2026]

Pourquoi continuer une série qui a déçu de par son traitement narratif au cours de ses deux premières saisons ? Le concept demeure intéressant et je reste curieux de voir la résolution ainsi que les révélations de certains mystères du show. Cette troisième saison raconte l’après-rébellion du Silo 18, alors que Juliette Nichols a réintégré sa communauté, non sans conséquences. En effet, elle souffre d’amnésie partielle, suite à ses dernières péripéties, et essaie de reprendre pied entre les mensonges et la manipulation de l’IT, voulant garder le contrôle sur son bunker, pour éviter que les obscurs donneurs d’ordre en éradiquent la population.


Clairement, l’écriture est toujours aussi fainéante et se contente d’un rien pour faire tout un détour scénaristique et éviter d’aborder les clés majeures de l’intrigue - relativement simple en l’état. Pour preuve, il faut vraiment se farcir six épisodes pour avoir une légère avancée par rapport à la saison précédente et ensuite subir un épisode 9 qui saute des étapes. L’emphase n’est vraiment pas portée sur les bons éléments pour faire ressentir l’effroi, l’émerveillement, ou la grandeur des révélations que peut susciter une telle histoire. Certaines explications sont lâchées sans être méritées, et d’autres gardées en réserve sans qu’elles soient si importantes. L’adaptation faillit à bien des égards, quand bien même l’épisode final tente de rattraper le coup en évitant la prévisibilité et offrant - toujours - une ouverture attrayante. Là encore, le rythme y est discutable puisqu’il aurait suffit de diffuser tout son premier tiers pertinent dès l’épisode 1 (de la saison) pour un maximum d’impact et complètement accroître l’attention sur la suite de l’aventure.


Dans l’idée, cette troisième saison se déroule en étant entrecoupée de flashbacks du monde pré-apocalypse, antérieur à l’enclave dans les Silos. Néanmoins, ces alternances avec une réalité contemporaine font complètement perdre l’ambiance claustrophobe (déjà pas fameuse) et futuriste. D’autant plus que ce n’est pas très bien joué (avec une parodie de Musk), les dialogues d’exposition sont confondants, et qu’il n’y a guère de parallèle entre les deux timelines dans le montage. Cela résulte en des scènes banales, à la photographie numérique basique, sans nuance. Quoiqu’il en soit l’effort n’est pas non plus fait sur la mise en scène des Silos, qui ne profite pas de son environnement pour doter cette série d’une vraie atmosphère dystopique et horrifique (côté psychologie).


On a l’impression que les créateurs du show voulaient absolument réaliser un préquel pour dispenser les informations, sans pour autant avoir suffisamment de matériel. Alors ils y ont collé des sous-intrigues inutiles autour. Un seul (demi) épisode de flashback aurait largement suffi pour centraliser cette démarche, surtout au vu de la simplification faite sur ce passé. Précisons aussi que toutes les séquences dans le Silo 18, en contrepartie, sont complètement inventées et rajoutées pour la série, même la prestation de Tim Robbins - la meilleure des trois saisons. On se rassure en sachant qu’il ne reste qu’une dernière saison, censée traiter les vrais points d’intérêt de ce type de récit (les moments suivant l’apocalypse et l’avenir de l’humanité, entre autres). Tout ce qu’il s’est passé en 30 épisodes aurait clairement tenu en un long-métrage bien meilleur (et certainement moins coûteux).


• SAISON 2 (5/10)

[Critique du 6 février 2024]



Sans avoir été enthousiasmé par la première saison, je tenais quand même à suivre l’avancée de ce récit d’une humanité enfermée dans des silos titanesques suite à une surface devenue inhabitable. Le 1er épisode ne se montre pas très rassurant sur la plus-value de cette S2, et annonce effectivement la couleur pour les neuf chapitres suivants à venir : Ferguson crapahute tant et plus, et le mystère global ainsi que le contexte futuristes restent aussi sombres que la moitié des plans confinés. Évidemment, c’est l’épisode final, jonché de dialogues nébuleux et révélations hors cadres qui viendra apporter quelques clés supplémentaires. Les reproches à l’encontre de la première saison restent donc de mise puisque l’on continue de suivre une lutte des classes et des péripéties au sein de cette dystopie menée dans la désinformation et la terreur, en vue de desseins obscurantistes.


La mise en scène se montre des plus banales, sans effort ni réflexion pour se servir des lieux étroits et claustrophobiques. Les plans sont beaucoup trop coupés, ce qui a pour conséquence un montage qui fait vite perdre le sens de l’action. L’environnement et les décors peinent également à convaincre, du fait d’un rendu factice évident. On apprécie l’atmosphère sonore qui sait évoquer cette part de mystère éthéré. Shane McRae se détache par son charisme, notamment pour donner de la consistance à la rébellion. Et le séniors continuent de porter la série sur leurs épaules, du fait d’interprétations bien investies (Robbins et Iain Glen, notamment).


Le plus dérangeant, dans cette série, est le rythme choisi et le hold-up putassier des informations, certainement parce qu’il y en a peu et que le meilleur moyen de prolonger le récit est de maintenir le spectateur aveugle, toujours à deux doigts d’une découverte mais sans jamais vraiment grimper les étages. Si l’on considère les personnages supplémentaires et évènements remaniés et étendus par rapport au livre, cette deuxième saison progresse moins que la première. La sortie du Juliette correspondait à la moitié du livre, et il n’y a ici que quelques axes repris de la seconde, sans pour autant porter la dizaine de pages finales à l’écran, préférant encore fermer au noir sur un cliffhanger facile. Je me questionne vraiment sur le contenu des deux prochaines saisons qui devront traiter les deux livres suivant, chacun de même longueur que celui qui a servi à égrener 20 épisodes déjà.





• SAISON 1 (6/10)

[Critique du 31 juillet 2023]


Entre deux saison de Foundation, Apple TV+ tente d'imposer un nouvel univers de SF sur le petit écran. On passe ainsi d'un empire galactique à une humanité recluse sous terre, abritée dans un silo suite à un évènement inconnu qui a rendu la planète inhabitable et décimé une grosse partie de la population. Les dix épisodes de cette première saison n'adaptent pas entièrement le premier livre d'Hugh Howey, préférant se conclure sur le cliffhanger le plus prévisible. Car, si l'intrigue avait tout pour intéresser, avec cette vie en sous-sol, dans une société verticale organisée en étages (croisement de City of Ember, Ascension et Snowpiercer), et le mystère autour de la surface (géographie, temporalité), les scénaristes jouent sur cette curiosité piquée au premier épisode, pour digresser ensuite sur une enquête autour de meurtres (et des rajouts superflus à la trame initiale) pendant les neuf autres épisodes. Les enquêtes internes sont secondaires, et n'effleurent que brièvement les quelques secrets autour de ce régime étonnamment dystopique qui contrôle les informations, et même la vie (via les naissances) des résidents de la super-structure.


L'intrigue patauge sur des étapes qui surviennent de façon incongrue, et un développement simpliste digne d'une saga young adult au vu de l'écriture téléphonée des relations, qui fait penser à Under the Dome et The Maze Runner. Pourtant, Rebecca Ferguson s'est surpassée pour ce rôle qui la rapproche d'une Emily Blunt, et Tim Robbins se montre excellent en responsable du département informatique. Common est par contre très cliché, même s'il a quelques scènes qui passent mieux. C'est assez soft dans l'atmosphère et la mise en scène, malgré l'ambiance spectrale conférée par la BO d'Atli Örvarsson. Et les décors font un peu cheap, avec des murs de béton/acier en résine immaculée et une technologie désuète toute en plastique. Le finale, bien gardé sous la main alors qu'il n'est qu'une étape dans le livre, ne manque pas de pointer quelques inconsistances autour du Silo. Seule une saison ultérieure pourra y donner un peu plus de logique, en souhaitant également moins de rétention d'information pour davantage embrasser les possibilités scénaristiques à perte de vue.

AntoineRA
5
Écrit par

Créée

le 31 juil. 2023

Modifiée

le 24 sept. 2026

Critique lue 128 fois

Silo

Silo

7

Eric-Jubilado

le 5 juil. 2023

Suivre
Dernière modification

le 13 sept. 2026

Underground

Saison 1 :Dix mille personnes vivant dans un silo vertical de 144 étages, enterré dans le sol et coupé du monde – présenté par les autorités gérant le silo comme toxique, mortel -, dix mille...

Silo

Silo

4

Diego_Altaeno

le 14 mai 2023

Suivre

SF EN TOC

Encore une énième version d'un futur crade aux allures d'usine des années cinquante et aux fringues qui hésitent entre l'antiquité, le Moyen Âge et l'Allemagne de l'est, aux temps glorieux du règne...

Silo

Silo

6

Broutchlague

le 21 sept. 2023

Suivre

On peut tromper 10 000 personnes une fois, mais on ne peut pas tromper 1 personne 10 000 fois...

Une série pas dégueux qui se laisse bien voir (pour le moment) mais qui est loin d'être à la pleine hauteur de son potentiel.En cela elle me rappelle pas mal la série See (du même Apple TV+, comme...

Captain America - Le Soldat de l'hiver

Captain America - Le Soldat de l'hiver

5

AntoineRA

le 26 mars 2014

Suivre

Critique de Captain America - Le Soldat de l'hiver par AntoineRA

Plutôt surpris au départ, puisque je n'en attendais pas forcément grand chose (les calvaires Iron Man 3/Thor 2 et le Cap' 1 moyen), mais j'ai pu lire qu'il était du niveau d'Iron Man, donc un peu...

Wanderers

Wanderers

9

AntoineRA

le 2 déc. 2014

Suivre

Critique de Wanderers par AntoineRA

Derrière ce court-métrage, dépassant tout juste les trois minutes, se cache un véritable bijou d'émerveillement cosmique. Wanderers est une ode à l’exploration spatiale et sa colonisation, que ce...

Caldera

Caldera

9

AntoineRA

le 5 avr. 2013

Suivre

Critique de Caldera par AntoineRA

Il y a des jours, comme ça, où on tombe sur des courts-métrages d'orfèvres. C'est le cas de Caldera, découvert via une news sur le site Allociné. Réalisée par Evan Viera, l’œuvre a déjà récolté...