Silo
7.1
Silo

Série Apple TV+ (2023)

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Comme je continue ma découverte des séries Apple, après For all Mankind — qui n'était pas mal mais pas dénué de défauts plus ou moins dirimants —, je dois dire que Silo est une bonne surprise.

Pas de péripéties à la chaîne, au risque de la saturation : on s'attache simplement aux pas de Juliette Nichols (excellente Rebecca Ferguson, vue dans Dune récemment), et la série prend le temps de dérouler son intrigue, se laisse le temps de vivre.

Juliette Nichols habite le tout dernier niveau, le 144, du mystérieux silo du titre, une espèce de vis hélicoïdale — une colonne cerclée d'escaliers en colimaçon — autour de laquelle s'étalent des logements, qu'habite une dizaine de milliers de personnes.

Que font-ils là ? Qu'es-ce que c'est, là ? Mystère. Il est fait référence à des fondateurs, il y a des reliques du passé qu'il est interdit de détenir — un distributeur de bonbons Pez fera l'affaire —, et il existe une espèce de Constitution, un "Pacte" qui décrit les institutions, et expose les quelques droits et libertés de chacun.

Voici le nœud de la série, l'élément central : sous quel régime de droit vivent les habitant du silo ? N'est-ce qu'une démocratie en trompe-l'œil ?

(Bon, poser la question, c'est déjà y répondre. Le contrôle social par les forces du Judicial, le pouvoir judiciaire, est sans faille.)

Juliette est une technicienne, attachée à l'entretien du générateur qui produit l'énergie du silo. En raison de son amitié avec l'ancien shérif, qui meurt dans des circonstances que je raconterai ci-après, elle devient elle-même shérif et découvre ainsi pas à pas les traquenards et les compromissions du pouvoir légitime, n'ayant elle-même pour objectif que de découvrir le sort de son amant, George.

Voilà, je suis long et je ne donnerai plus que les éléments d'intrigue suivants : des personnes qui en expriment le souhait, des cleaners, sont invitées à sortir du silo et gagner en scaphandre le monde extérieur, probablement toxique. D'où l'aspect abri atomique, refuge anti-radiations dudit silo : on sent l'imaginaire de la Guerre froide. Ces cleaners survivent assez peu de temps : ils nettoient l'objectif de la caméra qui propose les seules images de l'extérieur aux habitants, puis ils tombent comme des mouches. Comme la femme du shérif Holston, qu'on voit devenir cleaner au début de la série, puis de son mari, le shérif, donc : Juliette se voit proposer le job et accepte de prendre sa place, pensant en apprendre plus sur George.

Frisson paranoïaque, élite corrompues par l'expérience du pouvoir, jusqu'à un embryon de totalitarisme : la série déroule avec habileté des thèmes assez casse-gueule, sans y aller sur ses grands sabots. Elle fait preuve d'une certaine inventivité en termes d'intrigue, sans multiplier — je le répète, c'est important à mes yeux — les arcs narratifs sur les oreillons du petit ou les scrupules existentiels d'unetelle vis-à-vis de son mari volage.

Bon, j'arrête là : j'aime bien, j'ai envie d'y revenir : vivement que la saison 2 commence, j'ai assez hâte, à vrai dire, de la découvrir. Si elle se maintient à ce niveau de qualité, Silo a de bonnes chances de devenir une série de référence.

Mathieu-Erre
7
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le 14 mars 2024

Critique lue 80 fois

Mathieu Erre

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