Smallville
5.1
Smallville

Série The CW (2001)

Voir la série

Faux départ ; arrivée presque canon.

Il y a deux Smallville. Le problème, c'est que la plupart des spectateurs ne vont voir que le premier. Il faut dire que l'orientation pro-adolescente des débuts ne joue pas en sa faveur. J'avais rapidement abandonné le suivi de sa diffusion à l'époque alors que j'étais en plein dans le public ciblé. La faute à une vision de base à court terme. Si l'idée de faire une série sur la jeunesse du futur Superman est prometteur sur la papier, la plomber constamment avec tout le bordel typique des shows lycéens comme seule les américains en ont le secret peut rapidement devenir rédhibitoire. Il y a pourtant quelques bonnes idées, cf La Torche, journal scolaire où Clark fait ses premières armes en tant que reporter amateur, le développement progressif des pouvoirs et l'amitié Lex/Clark, ce premier n'ayant pas encore basculé dans le mal. Le gros soucis vient du traitement des personnages.


Si les jeunes acteurs restent talentueux, ils ne sont qu'à la merci de scénaristes qui leur font faire parfois n'importe quoi. Oubliez la Lana Lang meilleur ami du héros et partageant son secret, ici, elle ne le calcule même pas au départ. À la place, on te fout un certain Pete Ross, meilleur ami mais pas dans la confidence non plus, même s'il découvrira rapidement la poteau rose. Mais son avenir de sidekick ne va jamais exploser, contrairement à la blonde Chloé qui va d'un coup exister en prenant ce rôle alors qu'elle n'avait jusque-là aucune réelle utilité. On se repose du coup sur les quelques valeurs sûres, alias les parents protecteurs (dont AnnetteO'Toole, la Lana du troisième Superman avec Christopher Reeve), l'excellent John Glover qui éclabousse tout le monde par son talent à chacune de ses apparitions, et deux caméos du regretté Christopher sous fond de nostalgie avec quelques relents à la John Williams dans la partition. Hormis la relation tordue père/fils des Luthor, le reste est à peu de chose près à jeter. Et excepté une seconde saison développant pas mal les origines kryptoniennes de Clark via le père génétique, on a bien du mal à imaginer où la série va diriger. Imo, c'était droit dans le mur à l'issue de sa troisième année.


Puis les vient les saisons du changement. On introduit plusieurs éléments qui auront leurs importances dans la futur du show. Loïs Lane fait son apparition et le duo avec Clark fait des étincelles. À la base, ils peuvent pas se blairer, et c'est d'autant plus jouissif de les voir collaborer par nécessité. Erica Durance apporte un véritable vent de fraicheur au milieu de personnages souvent trop coincés. Autre apport, la série commence à embrasser progressivement la culture comics. Si le jeune Flash avait déjà été montré auparavant, c'est d'autres superhéros qui vont peu à peu être introduit. Aquaman, Cyborg, Black Canary ou Green Arrow, ce dernier gagnant avec le temps un rôle récurrent, les premières graines de la futur Justice League sont semées. D'autres alliés célèbres apparaitront histoire ce complexifier un peu plus le tout. Et puis Clark Kent décide d'embrasser son destin. Création de la forteresse de solitude, entrainement sous la supervision du padre, le futur héros est en pleine construction.


Malheureusement, tout ça reste encore gâché par plusieurs facteurs, le principal étant la relation du "je t'aime moi non plus" avec Lana. Si la stade où Clark se mettait en PLS à chaque fois qu'il croisait la fille de ses rêves est depuis un temps derrière lui, le personnage vole en éclat à chaque peine de cœur, ne rappelant que trop bien des débuts qui commencent à devenir vraiment handicapant pour la série. Il faudra attendre un moment pour voir Kristin Kreuk se barrer et enfin libérer le jeune Kal-El de ses chaines.
Pendant ce temps, la progression suit son cours, et avant de voir la lumière avec son sauveur, Smallville devient de plus en plus en sombre. Divers méchants connus viennent émailler les aventures du héros. Brainiac et son sadisme, un Bizarro sans le coté simple d'esprit, Zod est ses velléités de conquêtes, Lex basculant définitivement du coté obscur de la force, la série commence à arriver à un tournant définitif.


Exit Lana Lang, bonjour la Daily Planet. Clark Kent trouve sa voie, sa relation avec Loïs prend enfin le tournant attendu et le show décide d'assumer jusqu'au bout ses choix. Smallville n'a jamais été très fidèle aux comics Superman, il se contente juste de piocher allègrement dans le lore pour ensuite créer sa propre continuité. Parfois avec succès, cf les origines inédites de Doomsday et le plus qu'intéressant Davis Bloome, sorte de Dexter-like poussant la série dans ses instants les plus dark et gores. Mais par moment en se plantant bien comme il faut, cf Supergirl dont ils n'ont jamais vraiment su trop quoi faire.
Et le show continue à assumer son héritage comics. Plusieurs membres de la Justice Society of America font des apparitions dont Michael "Dr Jackson" Shanks en Hawkman. Mais aussi le Suicide Squad et la Légion. Plusieurs épisodes proposent une vision du futur plus ou moins alléchante. Et surtout Clark commence son second taf clandestin : sauver la populace. Il a pas encore le bon costume, mais les intentions sont là. C'est la dernière ligne droite, et après une ultime saison posant les derniers fondements du personnage, c'est sur un final attendu depuis le départ que le héros va devenir la légende durant les dernières minutes de show quasi hollywoodien.


Et t'en vient presque à regretter le statut de série et du coup le budget limité. Les effets visuels, c'est loin d'être toujours ça. Pourtant l'une des premières scènes de vol de Clark avait envoyé la purée avec un braquage d'avion en plein ciel très réussi. Mais ça tournera à l'effet cheap par la suite (coucou Kara), et ajouté à cela les divers costumes criant à plein poumons "j'ai des ambitions mais pas vraiment les moyens de les concrétiser", difficile de laisser totalement emballer dans les passages prévus pour être épique. Le final reste en cela libérateur, même si forcément pas aussi percutant que dans un blockbuster survitaminé.


Et c'est sur le thème culte de Williams (avec le même effet de lumières à la con dans les crédits) que Smallville conclut son épopée, celle d'une série qui à su évoluer avec le temps. Les fans hardcores du perso crieront au scandale devant tant d'incohérences et de déformations du matériel d'origine, mais les créateurs ont eu le courage de porter leur bébé jusqu'au bout et de proposer ainsi l'une des séries de superhéros qui pioche le plus large dans le domaine. Et de base, c'était pas, mais alors, pas du tout gagné.

auty
6
Écrit par

Créée

le 1 mai 2016

Critique lue 392 fois

auty

Écrit par

Critique lue 392 fois

3

D'autres avis sur Smallville

Smallville

Smallville

5

Noa

44 critiques

I just couldn't help it.

Un jour, ça m'a pris, et c'est mal. J'ai avalé 7 saisons de smallville en 2 mois et demi ... PAF ! I knew it was crap and yet couldn't help myself from watching. C'était une époque dramatique de mon...

le 28 juin 2010

Smallville

Smallville

8

Anilegna

585 critiques

It's a bird! It's a plane! It's ????

J'ai revu récemment les 10 saisons qui forment cette série. Je l'avais bien aimée lors de sa première diffusion, je l'ai beaucoup aimée quand je l'ai revue et je l'ai à nouveau beaucoup aimée. Elle...

le 20 mars 2018

Smallville

Smallville

7

Imphyman

34 critiques

La série qui a parfaitement évolué avec son public. Un peu tardivement.

Quand je matais la saison 1, j'étais au collège, c'était génial, original, fait pour les ados et les ptites pucelles; MAIS y'avait Superman, ce qui augmentait l'intérêt (gros piège à con ouais). Puis...

le 23 mars 2013

Du même critique

Dragon's Dogma: Dark Arisen

Dragon's Dogma: Dark Arisen

8

auty

308 critiques

La monstrueuse aventure

Fort de son gros million d'exemplaires vendus, Dragon's Dogma revient faire parler de lui dans une version (dite) supérieure qui vient ajouter tout le contenu supplémentaire sorti entre-temps, Capcom...

le 21 mai 2014

Terres perdues

Terres perdues

9

auty

308 critiques

King se libère (enfin) de ses vieux démons

Enfin, l'épisode 3 est celui de la libération pour Stephen King. Car il a finalement réuni tout son "ka-tet" et il peut maintenant se concentrer sur l'objectif des héros tant évoqué mais souvent mis...

le 1 nov. 2013

Le Voyage de Chihiro

Le Voyage de Chihiro

10

auty

308 critiques

Et au sommet, il y avait Chihiro

Bien des années après un premier visionnage, je regarde à nouveau cette aventure. Et je l'aborde le plus sérieusement du monde, en essayant de rester un minimum détaché. Deux heures plus tard,...

le 21 févr. 2015