Une nouvelle saison de Spartacus en 2026 ? Douze ans après l'épique conclusion de la saga originale, par les mêmes producteurs, avec le créateur de la série à la barre ? N'en jetez plus : Spartacus est le cadeau de ce début d'année dont je n'avais pas osé rêver, et pour le moment, il a exaucé toutes mes prières.


Pourtant, entre la lente putréfaction du paysage audiovisuel américain et la graduelle aseptisation des mœurs, il y avait toutes les raisons de redouter le naufrage. La première vague de critiques des premiers spectateurs courroucés semblait d'ailleurs confirmer qu'on nous avait pondu un étron opportuniste de plus à la Disney, avec agenda politique enfoncé au chausse-pied en travers de la gorge.


Maintenant que cette nouvelle saison est arrivée à son Therme, je suis heureux de confirmer qu'il n'en est rien. Spartacus est de retour, aussi retentissant, bourrin, kitch, sanglant, suant, débauché, et flamboyant que jamais, et ces nouveaux épisodes ont unanimement enflammé le petit groupe de fans avec lesquels je les ai visionnés.


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J'ai encore peine à y croire, car sortir une série comme Spartacus en 2026 est beaucoup plus osé qu'il y a 15 ans, lorsque la série originale avait commencé. Dès les premiers instants, House of Ashur vous rassure en prouvant sans équivoque qu'il a parfaitement compris son héritage et s'inscrit dans une tradition au cahier des charges très spécifique :


• Des intrigues politiques à tiroirs entre sénateurs et bourgeois corrompus, où l'on se trahit à tour de bras, à coups de complots, manipulations, pots de vin et assassinats

• Une collection de culturistes aux muscles huilés et ridiculement ciselés, avec 2% de gras dans le corps et d'énormes teub qui oscillent lourdement à l'écran dans tous les épisodes

• Des femmes sublimes et sans pudeur, aux silhouettes généreuses et aux moeurs légères

• Une violence crue et joyeusement excessive, avec des mutilations toujours plus extrêmes et des lames qui coupent des bonhommes en deux sans aucun souci de réalisme

• Des combats aux chorégraphies insensées, sublimés par des slow-mo excessifs que n'aurait pas reniés 300

• Des orgies à ne plus savoir qu'en faire, où on baise dans tous les sens, avec des coups de rein en slow-mo sur des notes enfiévrées, éclairées à la bougie

• Du sang, des larmes et de la sueur, sur le sable sacré où naissent les légendes


C'est ce que nous offrait déjà Spartacus à l'époque, et que je n'ai vu dans aucune autre série depuis, alors quel plaisir de replonger.


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Élever Ashur au rang de protagoniste était un pari osé, sur le papier. En réalité, c'est une évidence, dès qu'on se retrouve dans le feu de l'action. Au même titre que Batiatus, le formidable anti-héros de ma saison préférée (Gods of the Arena, le préquel de 2011), Ashur est une crevure opportuniste qui vendrait sa mère pour gratter un peu du pouvoir et du respect de ses pairs qui lui font tant défaut.


Ashur est un personnage à qui on a chié dans la bouche pendant 4 saisons de Spartacus, et qui n'a pas peur de s'avilir et de se salir les mains pour arriver à ses fins. Propulsé au rang de riche citoyen romain, et à la tête de son propre Ludus, il prouve dès les premiers épisodes qu'il a les épaules pour soutenir cette nouvelle saison dans laquelle il déambule en peignoir avec une énergie débridée, toujours proche de l'explosion.


Dans les seconds rôles, on a :

• Une écurie de gladiateurs musculeux qui peinent encore à convaincre, car on les compare aux héros qui ont eu quatre saisons pour s'élever au rang de légendes

• Korris (Graham McTavish), leur entraîneur, a une allure de Gandalf de bar PMU mais s'est très rapidement imposé comme le meilleur personnage de cette saison, grâce aux mises en scène épiques dont la série l'arrose généreusement, et à sa réserve illimitée de punchlines. C'est simple : chaque fois qu'il ouvre la bouche, il en sort des perles mémorables et ordurières, parce qu'il parle souvent de pénis.

• Hilara (Jamaica Vaughan) est magnifique, et brille dans son rôle de partenaire discrète mais redoutable, beaucoup moins fragile qu'elle en a l'air.

• Satyrus (Leigh Gill) est formidable, dans son rôle d'ivrogne violent et antipathique, et je suis ravi que la série lui offre une place de choix.


Soyons clairs : on est dans Spartacus et personne ne joue vraiment bien. Les actrices ont été choisies pour leurs courbes et leurs jolis minois, et les acteurs pour leur six-pack et leurs énormes bites. Mais la faiblesse du jeu est compensée par la qualité de l'écriture et des dialogues, car derrière toutes ses fanfaronnades, son sexe et sa violence, cela reste le vrai cœur de Spartacus : une intrigue dramatique étonnamment bien branlée.


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J'y retrouve tout ce qui m'avait charmé dans l'écriture de la série originale : des rebondissements inattendus qui jouent habilement sur nos attentes pour tirer le tapis au dernier moment, des arcs de personnages qui s'entrecroisent et s'opposent sans cesse, et des dialogues tendus. Chaque confrontation est élevée par les tensions sous-jacentes et les différents niveaux de lecture, lorsque chaque personnage cherche à tirer son épingle du jeu.


Hormis Ashur, la série évite le piège du fan service et ne se repose pas sur son passé : elle va vaillamment de l'avant lorsqu'Ashur défie les traditions en ajoutant à son écurie la première Gladiatrix à fouler le sable des arènes romaines.

Ne vous fiez pas à l'affiche : Achillia reste un personnage aussi secondaire que n'importe quel gladiateur du ludus, et elle suit un arc similaire à celui de Crixus dans Blood & Sand : l'underdog qui en chie et prouve péniblement sa valeur, en partant de loin. Et comme dans Blood & Sand, ses tribulations occupent bien peu de temps à l'écran comparé aux jeux de pouvoir d'Ashur.


J'en profite pour passer rapidement sur les controverses ridicules des fachos de service qui accusent la série de "wokisme", en se basant uniquement sur l'affiche ou le résumé. Sortez-vous la tête du cul.

Oui, House of Ashur a UN personnage féminin combattant, parmi une écurie de 20 Giga-Chad shootés à la testostérone. Si ça suffit à ébranler votre confiance et à susciter des terreurs d'émasculation, il est temps de vous poser des questions.


Avez-vous regardé la série originale ? Spartacus a toujours été truffé de personnages féminins redoutables, que ce soit par leur intelligence (Lucretia, Ilithyia) ou leurs prouesses au combat (Naevia, Mira). Elle a toujours montré des épouses de sénateurs qui tirent les ficelles du pouvoir dans l'ombre de leurs riches maris qu'elles tiennent solidement par les couilles, et elle a toujours eu des romances et du sexe gay et lesbien.


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Le projet ne m'inspirait pas toute confiance, mais dès les premiers épisodes, House of Ashur coche toutes les cases et nous offre un spectacle affûté et décadent à la hauteur de son passé, et ce jusqu'à son final retentissant, dans un épisode absurdement épique qui clôt ce nouveau cycle de bien belle manière.


Dans quelle autre série allez-vous voir un trio de gladiateurs d'1m20 qui font du wall-run en slow-mo et pissent sur les dépouilles de leurs victimes ?

Où allez-vous regarder des orgies romaines débridées durant lesquelles tous les plans de transition sont des scènes de baise toujours plus excessives ?

Et quelle autre série a des scènes d'intrigues politiques où deux bourgeoises se caressent en discutant des affaires du Sénat pendant que trois gladiateurs avec d'énormes teub se paluchent en arrière-plan pour leur bon plaisir ?

Ezhaac
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le 12 janv. 2026

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Ezhaac

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