Bon, visiblement Alex Kurtzman, notre moraliste hollywoodien, continue d’imposer bougrement ses valeurs de diversité et d’inclusivité.
Les Trekkies (j’emploierai l’appellation Trekkie et non Trekker pour cette chronique, car l’indignation de certains fans à propos du premier terme est vachement ridicule). Je voulais donc commencer par dire que les Trekkies n’ont aucun problème avec ces valeurs en autant que ça n’en tombe pas dans la parodie grotesque. Il y a toujours eu au sein de la Fédération des Planètes Unies, et dans ST en général, des extraterrestres hermaphrodites, asexués, androgynes, gays, lesbiens, végétaux, unipèdes, triclopes, télépathes, reptiliens, larvaires, obèses, etc (mais bizarrement, il ne semble pas y avoir d'hétérosexuels dans ce Starfleet Academy. Pas étonnant que toutes les espèces soient en voie d'extinction). Alors pour ce qui est de l’acceptation de la diversité chez les fans, elle a toujours été.
Or, c’est que ce petit vaniteux de Kurtzman a mentionné que son intention avec Star Trek est d’envoyer des messages car il croit que les Trekkies ne sont pas encore assez inclusifs et qu'ils ont besoin d'être éduqués. Et on sait tous qu’il est le grand détenteur de la vérité et de la bonne parole alors l’insignifiant s’approprie le droit de surpimper ST à l’idéologie tendance. Évidemment, les Trekkies sont tellement affamés de nouvelles aventures ; ils sont là, à attendre patiemment de se faire enfoncer le pain de la vertu bien profond dans le gorgoton. Alors, gavons-les.
Que la chancelière (jouée par Holly Hunter, une actrice incapable d'articuler ses répliques) qui a quelque chose comme 420 ans, s’évache sur son siège comme une ado de 14 ans sur son divan devant Netflix (car ça semble avoir créé polémique), j’en ai rien à foutre. Je trouve même que ça lui donne de la personnalité. Non, le problème principal avant ces détails superficiels est le manque criant d’imagination de ces scénaristes homophiles. Avec The Next Generation ou la série originale (et souvent Voyager aussi), à chaque épisode, ou presque, le téléspectateur assistait à un dilemme moral ou éthique qui le forçait à la réflexion. Les histoires étaient à propos de politique, de justice, de sociologie, de guerre, de psychologie, d’écologie, de technologie, d’évolution d’espèces, de science et évidemment, d’exploration de l’espace avec tous ses dangers et ses découvertes de formes de vie. Puisque les scripteurs savaient que les fans avaient du discernement et du jugement, ils plaçaient l’équipage dans un dilemme et la meilleure décision, ou du moins, la plus acceptable, devait être prise par le capitaine. On ne tentait pas de passer des messages. On essayait plutôt de faire en sorte que le téléspectateur se questionne philosophiquement sur la méthode de l'équipage pour résoudre le problème ; nous, aurions-nous pris les mêmes décisions dans ce contexte ? Voilà ce qu’est de la bonne sci-fi ou de bons récits d’anticipation ! Ce stupide show doit avoir une quinzaine de « co-réalisateurs exécutifs » mais il n’y en a pas un dans l’équipe qui sait écrire un récit à réflexion... ou juste bon. C'est bien plus facile de gribouiller du « teen drama ».
Alors qu’est-ce qu’on fait quand les scripteurs n’ont aucun talent et que les réalisateurs s’en tapent ? Eh bien, pour occulter cette incompétence et ce laxisme, on remplit les épisodes de références de toute sorte au passé. On fait appel à la nostalgie et on envoie des clins d'œil aux personnages et aux événements (glorieux) du timeline ST. Et puisque les Trekkies semblent si désespérés d’avoir de la nouveauté, ils n’y verront que du feu.
Parlant de nostalgie, on retrouve un personnage de la série Voyager : The Doctor, joué par Robert Picardo. En voilà un autre qui prend les fans pour des cons en déclarant que Star Trek a toujours été woke ! Ah, vraiment ? Gene Roddenberry n’a jamais été de gauche ou de droite et aucunement woke. Progressiste, oui, mais l’un n’est pas l’autre. Et le terme Woke était complètement inconnu à l’époque où il était aux commandes. Il n’a jamais parlé de gauche-droite en entrevue, ni les Rick Berman, Michael Piller, Jeri Taylor ou Brannon Braga d'ailleurs. Gene était au-delà de ce concept abêtissant et simpliste. Picardo a été excellent dans son personnage du docteur holographique dans Voyager mais le bonhomme ne comprend clairement pas la philosophie de la saga sérielle à laquelle il participe.
Bref, la série est mauvaise mais elle ne fait que commencer alors si vous gardez espoir, tant mieux ou tant pis pour vous. Or, ne vous faites pas d’illusion car aussi longtemps qu'est aux commandes un bobo complaisant comme Kurtzman qui n’a aucune idée (ou qui s’en tape) de ce qui a fait de cette franchise un succès à travers les décennies, eh bien…
Et même si les intentions de Kurtzman seraient d’aller chercher de nouveaux fans, je ne vois pas qui pourrait avoir envie d’embarquer dans ce nouveau voyage vers l'insignifiance. Ils faudrait que leurs critères soient excessivement bas.